Madzoo : “L'innovation majeure est que le festival cette année gagne le statut international”

 

Pour une durée d’un week end, des graffeurs venus du monde entier se croisent dans une région du Sénégal. L'idée vient du collectif d’artistes graffeurs sénégalais RBS Crew. La troisième édition se déroule du 26 au 29 décembre à Kaolack. Madzoo, l’un des membres fondateurs du collectif et initiateur du Last Wall Tour, nous en parle. Entretien.

 
 

Troisième édition du Last Wall Tour, c'est quoi le menu pour cette année ?

 

"Pour la troisiéme édition cette année, le menu sera diversifié et un peu différent de l'année derniére qui s'était composée exclusivement de la fresque commune. Nous prévoyons une séance de set-setal sur la place choisie qui est le mur du lycée Valdiodio, une conférence à l'Alliance francaise de Kaolack avec comme théme évidemment le Graff dans son implication citoyenne en général, panafricaine en particulier. Un appel a une prise de conscience en l'urgence de se réapproprier notre héritage historique qui forge en réalité les aspirations véritables à tout développement. Il y 'aura en outre la grande fresque commune qui sera réalisé par près de 35 artistes sur le mur du lycée ou beaucoup d'aspects de notre histoire sciemment occultés seront mis à jour et expliqués à des élèves et au grand public, des sessions de formation pour les nouveaux venus, des séances mix Dj pour un peu crée l'atmosphère Hip Hop et un Cypher pour finir"

 

Quel est le bilan de l'année dernière à Saint Louis ?

 

"L'année dernière fut réellement satisfaisant et significatif dans la mesure ca a été l'édition qui aura relevé le défi de l'organisation, rehausser le niveau mais aussi et surtout ouvert les yeux sur l'impact véritable de notre message que le public respecte particulièrement. Ce fut une édition aussi qui fait qu'on est sollicité sur presque toutes les régions du pays."

 

Il y a t-il un soutien financier considérable venant du monde de la culture ?

 

"Faut d'abord prendre acte que c'est nous la culture, le monde de la culture c'est nous même alors je préférerais dire qu'il vaut mieux s'aider soi même et ne rien attendre de que ce soit.On se finance nous même car on a foi en notre cause."

 

Que peut-on attendre de nouveau cette année par rapport aux éditions précédentes ?

 

" Ce qu'on peut réellement attendre de cette année en outre des faits qui viendront conforter la réalisation traditionnelle de la fresque commune, y aura une participation massive d'artistes, presque la totalité des graffeurs sénégalais, surtout de la jeunesse kaolackoise qui a pris l'événement à son compte. Quant au résultat réel de l'événement, je voudrais vous laisser découvrir par vous même à la réaction populaire.

 

L'innovation majeure est que le festival cette année gagne le statut international puisqu'on aura des représentants de la France et de la Suisse."

 

Follow @RbsCrew

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

Haidar Chams : « Notre plus grande richesse c’est l’autre, on a souvent tendance à l’oublier »

Dix ans d’expérience dans le milieu de la photographie, Haidar s’est révélé au grand public à l’occasion de la douzième édition de la Biennale Dak’Art 2016. Dans cette entrevue, l’homme revient sur son projet « Ethnie Cité », ses relations avec le designer Sénégalais Ousmane Mbaye…

Haidar Chams, vous aviez exposé durant la biennale. Beaucoup de personnes dans le monde de l’art au Sénégal ont découvert votre travail à l’occasion de cette douzième édition de la biennale. Qui est Haidar Chams ? 

Question difficile !!! … Un homme discret passionné par les personnes qui l’entourent. Etre ouvert sur le monde est essentiel pour moi, cela me permet de partager et d’apprendre énormément sur les gens. La photographie est le meilleur support pour le montrer. Notre plus grande richesse c’est l’autre, on a souvent tendance à l’oublier !

Pouvez-vous nous parler de votre carrière dans le milieu artistique ? 

Si nous parlons de carrière, 2016 serait ma date de naissance. Je suis un nouveau né dans le milieu artistique. J’ai toujours été attiré par la photographie que je pratique depuis une dizaine d’années. Elle a été au début une extension du regard que je porte sur mon activité professionnelle. Aujourd’hui, la photographie me permet de m’exprimer en tant qu’artiste. Je n’ai que de bonnes perspectives depuis la Biennale. Le meilleur est à venir.

Quelle est votre relation avec Johanna Bramble et Ousmane Mbaye, tout en sachant que pour cette biennale vous aviez exposé en compagnie de ces deux artistes ?

Ousmane Mbaye est comme un grand frère pour moi. C’est une personne que je considère beaucoup en tant qu’homme, c’est un artiste humble dans ses grands projets. C’est lui qui m’a poussé à exposer cette année.

Johanna Bramble m’a été présenté par Ousmane dans le cadre de l’exposition ARTVIEWS / KAYKHOOL pour la Biennale 2016. Ce fut une rencontre très enrichissante. J’ai découvert une personne généreuse, curieuse avec un professionnalisme sans faille. N’oublions pas Alun Be et NKx…Ce sont des artistes exceptionnels !!! Ils sont tous des amis aujourd’hui…

Quels sont les projets d’avenir ?

Faire voyager le projet « Ethnie Cité » dans plusieurs pays est en train de se concrétiser. Une nouvelle exposition en septembre.

Plus d'infos sur l'artiste :

wwww.fromhaii.com

Twitter : @fromhaii

Instagram : @fromhai

Facebook : Hai Chams

Photographie : Alun Be

Prix du Ministère sénégalais de la Culture et de la Communication : Modupeola Fadugba a remercié Nespresso et le Nigeria

Parmi les artistes primés dans le cadre de la 12e édition de la Biennale d’Art Contemporain Africain de Dakar, la Nigériane Modupeola Fadugba a reçu le prix du ministère sénégalais de la culture et de la communication (5 millions de FCFA).

Le 04 mai 2016 dernier, l’artiste avait tenu à remercier l’ensemble de ces sponsors, en particulier  « Nespresso » la marque spécialisée dans l’exploitation du café.

Dans un décor sobre et classe, l’artiste aux multiples diplômes  avait déclamé un texte sur sa vision du monde. Une poésie qui avait tenu en haleine ces fanatiques amoureux de Nespresso et de l’art.

En effet, pour  découvrir son œuvre primée dans le cadre de la Biennale de l’Art Africain Contemporain de Dakar, il faudra visiter ses différentes plateformes sur les réseaux sociaux.  

A la fin de la ceremonie, Modupeola Fadugba avait offert un magnifique tableau à la clientèle de Nespresso.

Plus d’infos sur l’artiste :

https://www.instagram.com/modupeola.fadugba/

http://www.modupeola.com/

 

 

 

A la rencontre de Bizenga Photography

 

 

 

 

Qui est Bizenga Photography ?

 

Bizenga photography est un jeune photographe passionné par la photographie de rue, âgé de 25 ans originaire du Congo-Brazzaville de son vrai Nom Prince Debiz N’KOUKA BIZENGA plus connu sous le nom de Dasilvio Bizenga. Je réside au Sénégal dans la ville de Dakar depuis 2011 qui est aussi une ville culturelle et  ce qui m’a énormément inspiré d’où je fais mes études, Diplôme en licence physique et chimie et actuellement en master en Ingénierie réseaux et système décisionnels. C’est en 2012 que j’ai été vraiment passionné par cet art visuel et depuis  je devenu photographe indépendant. Photographe autodidacte et passionné, je pratique cette activité depuis 3ans. La rue est l’un de mes terrains de jeux favoris pour réaliser mes prises de vue juste en fonction des émotions qu’il me procure et je pense que cela se reflète sur mes photographies La photographie me permet de fédérer plusieurs passions et de les exprimer en images.

 

 

Qu'est ce qui vous a poussé vers la photographie ?

 

 

Je me passionne pour la photographie depuis tout petit mais je n’aspirais pas à devenir photographe, jusqu’au jour que je me suis sérieusement intéressé à la photo et dans cet art j’ai trouvé un moyen de m’exprimer, de communiquer tout en traduisant les émotions.

C’est à la même année que j’ai commencé avec la photo mais c’était juste pour le fun d’où je me prenais en photo, mes amis (es), tout le monde pour avoir des photos souvenir au final. C’était juste une passion afin d’avoir un métier artistique et étant passionné, dirais- je fan  de la technologie je me suis acheté rapidement mon premier réflex, j’ai quand même mis disant 1 an à 2 ans pour démarrer. Et pendant ces années j’en ai profité de mieux connaitre mon appareil afin de faire des réglages sympas. J’ai eu l’occasion de participer à un atelier de photo organisée par la photographe Awa Mbaye qui est une photographe journaliste mais aussi quelques photographes ont contribué à mon évolution soit par le talent, enthousiasme ou soit par leurs conseils, parmi eux se trouvent Siaka Soppo Traore, Djibril Drame, Abdoulaye Ndao et très rapidement j’ai eus des contacts via ma page Facebook qui me demandaient si je pouvais réalisé des prestations photos et je me suis mis dans le bain disant 2014. Ce qui m’a vraiment poussé vers la photographie c’est quand j’ai fait la connaissance de Siaka S. Traore, au tout début je le suivais sur des réseaux sociaux, et il eu des moments d’où on échangeait sur la photo, ce qui  a été un boost pour moi à la photo.

 

 

Ce mardi prochain, vous exposerez vos œuvres à la gare. Pouvez nous parler de cet événement ?

 

Cet événement est parrainé par l’ambassade de la Mauritanie au Sénégal qui va  rassembler 2 artistes dont un photographe et un rappeur qui ont été invités à participer à « LERO PROJECT ». Il s’agit de la première édition du projet, une exposition musicale qui lie le Hip Hop à la photographie, plus simple je dirais que ça sera une exposition poétique. LERO signifie ‘’ Espoir ‘’ en Yoruba. Cela a pour objectif d’élargir l’art urbain et de sensibiliser une majorité du public sur une cause profonde; l’événement se passera  à l’ancienne gare de Dakar d’où j’aurais l’honneur d’exposer pour la première fois mes œuvres au grand public, je serai en compagnie d’Elzo Jamdong l’un des talentueux rappeur sénégalais  qui sera la touche musicale de l’exposition. Et aussi l’occasion de mettre en avant son nouvel album intitulé Freengdom. Nous souhaitons  vivement la présence de tous les artistes, les passionnés de l’art et autres pour le succès de cet événement.

 

Photographie : Siaka Soppo Traore

 

  

« Or du temps » ou hors de notre temps !

Bientôt 3 ans à Dakar, l’artiste visuel Papi est resté deux ans sans exposer. Entre temps, il méditait sur ce projet. Parallèlement, en bon entrepreneur, il était occupé à mettre en place la désormais célébrissime platerforme digitale @dakarlives et sa ligne de vêtement @mwami. En collaboration avec l’artiste photographe Sidy Mouhamed Kandji, Papi avait réalisé une série de photos en début 2015. C’est d’ailleurs dans cette série qu’il a puisé pour nous sortir de jolis tableaux. Hier, 29 avril, la Galerie Antenna a reçu acteurs culturels, journalistes, collectionneurs et curateurs pour l’exposition « Or du temps », réunissant Papi et Maud.

En effet, Maud est une créatrice française qui puise son inspiration en Afrique pour nous offrir de jolis bijoux, colliers et accessoires modernes.

Existant depuis 1972, la galerie Antenna reprend ainsi ses activités avec deux jeunes créateurs d’horizons divers. 

« Je cherche l’or du temps », philosophait le poète surréaliste André Breton. Et apparemment avec cette exposition de grande qualité, Caroline et Jean-Luc Chatignol, respectivement la fille de Marthe et Claude Everle, fondateurs de la Galerie et son époux, ont découvert « l’Or du temps ».

Rentrant dans le cadre de la XIIème Biennale de l’Art Africain Contemporain de Dakar, l’expo s’ouvre au public à partir de demain jusqu’au 29 mai.

 

 

 

NB : Pour plus d’infos, retrouvez la galerie et les artistes sur twitter, instagram, facebook, tumblr

En route vers Dak’Art 2016

La douzième édition de la biennale de l’art africain de Dakar arrive à grands pas. Une grande fête de l’art africain, voire mondial. Toutes les disciplines y seront représentées. La sculpture, la peinture, la vidéo, la photographie, le graffiti…entres autres formes d’expression. Ce rendez-vous tant attendu ouvrira ses portes à partir du 5 mai et les clôturera le 13 du même mois.

L’exposition internationale : Réenchantement Le titre de l’exposition centrale est étroitement lié au thème général de la biennale, qui invite les artistes, et au-delà tous les Africains, à inventer de nouvelles pistes pour réenchanter le monde et le continent. L’Afrique, le rêve utile d’une Afrique libérée et responsable d’elle-même, le rêve d’un continent dont les fils ont chanté et dansé la liberté retrouvée au moment des indépendances, pris dans l’enchantement d’un avenir à réinventer, a connu des hauts et des bas. Certains ont été désabusés, d’autres ont perdu, dans le regard, cette flamme enthousiaste qui seule peut donner la force de changer les choses. Le réenchantement, c’est la réinstauration d’une nouvelle énergie, d’une nouvelle créativité, d’un nouvel élan. L’exposition internationale comprend 66 artistes et inclut une section « Projets spéciaux »

Akirash AKINDIYA (Nigeria/ USA)

Heba AMIN (Egypte)

Héla AMMAR (Tunisie)

Kader ATTIA (Algérie / France)

Abdulrazaq AWOFESO (Nigéria)

Yassine BALBZIOUI (Maroc)

Sammy BALOJI (République Démocratique du Congo)

Arébénor BASSENE (Sénégal)

Yesmine BEN KHELIL (Tunisie)

Nabil BOUTROS (France/ Egypte)

Poku CHEREMEH (Ghana)

Mimi CHERONO NG’OK (Kenya)

Julien CREUZET (Martinique)

Gopal DAGNOGO (France / Côte d’Ivoire)

Dalila DALLEAS BOUZAR (Algérie)

Monica DE MIRANDA (Portugal)

Mbaye Babacar DIOUF (Sénégal)

Victor EHIKHAMENOR (Nigéria)

Badr EL HAMMAMI (Maroc)

Yesmine ELMELEEGY (Egypte)

Theo ESHETU (Royaume-Uni / Ethiopie)

Modupeola FADUGBA (Togo)

Franck FANNY (Côte d’Ivoire)

Jellel GASTELI (Tunisie)

François-Xavier GBRÉ (Côte d’Ivoire / France)

Yo-Yo GONTHIER (Ile de la Réunion)

Simon GUSH (Afrique du Sud)

Delio JASSE (Angola)

Mouna JEMAL SIALA (France / Tunisie)

Euridice Getulio KALA (Mozambique)

Samson KAMBALU (Malawi)

Mouna KARRAY (Tunisie)

Bronwyn KATZ (Afrique du Sud)

Ala KHEIR (Soudan)

Wanja KIMANI (Kenya)

Moridja KITENGE BANZA (République Démocratique du Congo)

Moshekwa LANGA (Afrique du Sud)

Youssef LIMOUD (Egypte)

Michèle MAGEMA (République Démocratique du Congo / France)

Anna MAPOUBI (Cameroun)

Safaa MAZIRH (Maroc)

Fatima MAZMOUZ (Maroc / France)

Yara MEKAWEI (Egypte)

Nandipha MNTAMBO (Afrique du Sud)

Aïda MULUNEH (Ethiopie)

Lavar MUNROE (Bahamas)

MWANGI/ HUTTER ( Kenya / Allemagne)

Moataz NASR (Egypte)

NDOYE DOUTS (Sénégal)

Aimé NTAKIYICA (Burundi)

Folakunle OSHUN (Nigéria)

Amira PARÉE (Egypte / Pays Bas)

Maurice PEFURA (Cameroun)

Tracey ROSE (Afrique du Sud)

Henri SAGNA (Sénégal)

Hippolyte SAMA (Burkina Faso)

Kemang WA LEHULERE (Afrique du Sud)

William WAMBUGU (Kenya)

Ouattara WATTS (Côte d’Ivoire)

Projets spéciaux :

Joël ANDRIANOMEARISOA (Madagascar)

Jean-Pierre BEKOLO

Bili BIDJOCKA (Cameroun) (Cameroun)

Anne HISTORICAL (Afrique du Sud)

Jems KOKO BI (Côte d’Ivoire)

Alexis PESKINE ( France / Brésil)

PUMÉ (République Démocratique du Congo)

 

Par ailleurs, loin de l’euphorie et de l’encensement des medias, il existe des expos dans le cadre du « Off ». Pour cette panoplie d’expositions intéressantes et enrichissantes, nous vous proposons les suivantes :

 

#‎LaGalerieAntenna aura le plaisir de vous dévoiler le second artiste qu’elle exopsera lors de la #‎BiennaleDeDakar #‎Dakart2016. Il s'agit Mamadou Papi Wane.
D'origine sénégalaise, PAPI, connu aussi sous le pseudonyme de @l.artpreneur, est un artiste complet, agile aussi bien dans le design, la photographie et bien sûr la peinture. Ayant fait les beaux arts aux Etats-Unis, et proche de la diaspora, il use de technique de marketing révolutionnaire dans l'art qui permette ainsi de démocratiser ses œuvres via différents supports. Cependant ces réalisations restent de véritable pièces uniques, des bijoux aux matériaux nobles, notamment la feuille d'or, au symbolisme omniprésent et lourd de sens. Il est également le fondateur de la plateforme, aujourd'hui incontournable sur les réseaux sociaux, #‎DakarLives.

Mesdames et Messieurs, nous vous invitons a venir découvrir les créations de PAPI en exclusivité à La Galerie Antenna du 30 Avril au 21 Mai 2016. Créations pour lesquelles La Galerie Antenna lui a laissé carte blanche.

 


Dans le cadre de la biennale OFF Dak'art 2016.La Galerie Agora propose du 3 mai au 3 juin une exposition autour de l'art urbain et la peinture et le graphisme 
artistes invités : 
RBS CREW (Artistes Graffeurs) et Sébastien Bouchard (Artiste peintre) 
////// Vernissage le mardi 10 mai à 18h30 //////


Les peintures de Ndoye Douts reflètent la vie quotidienne des villes africaines. A part sa sélection dans l’exposition internationale, vous pourriez découvrir son installation dans la période du 3 mai au 3 juin 2016 à l’espace Medina.

 


Un artiste à suivre de très prêt. Désormais Sénégalais, l’artiste visuel Siaka Soppo Traoré a complètement changé la perception qu’on avait de la danse au Sénégal. Depuis 2014, il expose à Dakar, Paris, Douala, Abidjan et Londres. Durant la biennale, l’artiste nous fait savoir ceci : « Je ferai un studio photo à l’Institut Français la matinée durant la période de la biennale. Et je commence le 4 mai, jusqu'à 16h environ.

Le 7 mai, j’invite le public au vernissage de mon expo à la galerie Atiss. Et probablement deux autres expositions », informe l’artiste.

 


REGARDS SUR LA VILLE est conçu comme un projet collectif d'auteurs photographes ; il s’agit de confronter la diversité des points de vue à un sujet identique : La Ville. Celle de Rufisque
L’objectif de cette mission « Regards sur la Ville 2014 » reste, comme à son origine, de réunir différentes propositions visuelles sur notre espace urbain, les hommes qui l’habitent mais aussi leurs différents styles de vie. Voilà ce qui fonde notre démarche. Ceci est une idée du grand photographe Boubacar Touré Mandémory. Après une expo en 2015, le projet sera exposé durant la biennale à Rufisque. Retrouvez les œuvres ce groupe d’artistes à la gare, au marché et au centre Maurice Gueye.  

         

Jeune photographe Sénégalais, Baye Malick Kébé s’est révélé au grand public grâce aux expositions du Dakar Women Group. Retrouvez l’artiste et ses œuvres pour les deux vernissages le 12 mai. Le premier vernissage à 18 h à l’hôtel le Djolof et le second à 19 au british council. 

Pape Moussa : « La plupart des pirogues que vous voyez à Yoff, Ngor, Bargny, Saint Louis, Ouakam ont été faites ici à Soumbédioune »

A la découverte du collectif Paketass ! En effet, il s’agit de ce groupe de jeunes artistes de la Medina, qui décorent les pirogues depuis plus d’une décennie. Leur activité s’est internationalisée grâce à leur collaboration avec Seth the globepainter en 2012. Entretien avec un des membres actifs de ce collectif, Pape Moussa.

Veuillez vous présenter à nos lecteurs, s’il vous plait ?

Je m’appelle Pape Moussa et je fais partie du collectif d’artistes décorateurs des pirogues « Paketass ».

Dans tout Dakar et sa presqu’ile, le nom de Paketass est devenu célèbre grace à vos travaux de décoration sur les pirogues. Mais beaucoup de gens pensaient que « Paketass » était le propriétaire des pirogues. Comme cela est fait avec les cars de transport en commun «  Ndiaga Ndiaye ». Alors qu’en réalité, il s’agit d’un collectif de décorateurs de pirogues. Pouvez nous faire un bref résumé des débuts de votre collectif ?

En effet, Paketass est un collectif d’artistes décorateurs spécialisés en décoration de pirogues. Nous avons commencé les activités en tant que collectif en 1999, mais le travail a demarré bien avant 1999. Ne pouvant pas mettre le nom de tel ou tel, nous avons choisi le nom de Paketass ;  un intitulé signifiant le rassemblement de forces. La connaissance qui sommeille en nous est tellement grande qu’elle ne peut pas seulement etre contenue sur les pirogues. C’est par la suite, que nous avons commencé à prendre l’assaut des murs. Tinki, Loss et moi en sommes les membres actifs. Notre professeur est toujours vivant, mais il ne pratique plus.

En 1999, quand vous aviez commencé cet art, vous aviez quel âge ?  

On devait avoir vers les 20/23 ans et aujourd’hui nous sommes presque la quarantaine.

Quatre ans en arrière, vous aviez eus à collaborer avec un artiste français mondialement connu répondant au nom de Seth, the Globepainter. Comment s’est faite cette collaboration ?

Au fait, il est passé nous voir ici et est tombé sous le charme de notre travail. C’est ainsi qu’il nous proposa de collaborer avec lui pour réaliser une fresque. Tout en faisant un reportage qu’il compte étaler sur une semaine. Quand il a proposé l’idée d’illustrer l’enfant tournant le dos à sa ville, nous lui avons dit qu’une pirogue serait parfaite pour donner une certaine émotionnelle à la fresque. Nous nous sommes entendus sur ces principes artistiques, ainsi il en a fait un reportage d’une semaine. Par la suite, d’autres sont venus et nous avons pu travailler avec eux. Seth était vraiment content de collaborer avec nous.

Financièrement, est ce que les choses marchent ? Comment faites vous pour attirer les clients ?

Nos premiers et potentiels clients sont les piroguiers. D’autres pays qui sont dans la sous région viennent ici pour se confectionner des pirogues. La plupart des pirogues que vous voyez à Yoff, Ngor, Bargny, Saint Louis, Ouakam ont été faites ici à Soumbédioune. Les clients se font de bouche à oreille. Le travail est bien fait, le même client te met en rapport avec un autre.

A part les piroguiers, il y a aussi des personnels ou instituts qui vous sollicitent pour des prestations, qui sont les autres clients de Paketass ? Nous avons retrouvé ici une pirogue décorée pour l’école américaine ISD.

Nous avons aussi des clients à qui l’on fait des illustrations sur du bois. Et après eux, ils en font des armoires, des lits, meubles…pour les vendre à l’étranger.

Si vous aviez les moyens, comment penseriez-vous procéder pour faire en sorte que cette activité soit plus lucrative ? Et qu’en suite votre ministère de tutelle appuie le secteur afin qu’il puisse exister une usine de fabrication de pirogues ?

Il est rare de voir des jeunes s’intéresser à ce travail, car il faut beaucoup de patience. Personnellement quand j’ai décidé de m’y lancer, j’ai entendu des tas de choses. Des paroles du genre : « tu ne veux pas travailler ». Mais quand ils ont vu que j’ai maitrisé le travail et que je me fais de l’argent avec, ils ont compris que ca n’était pas un mauvais choix. Dans tout Soumbedioune, on est les seuls à construire les pirogues. Certains ont même amené leurs enfants afin qu’ils apprennent le métier. Mais malheureusement, nombreux d’entre eux finissent par lâcher prise. L’art n’est pas un jeu, il faut beaucoup de patience et de l’inspiration. Parfois, il nous arrive d’être coincé en décorant une pirogue. On ne va pas forcer ; on va essayer de dormir pour reposer notre esprit et revenir avec plus d’inspiration le lendemain. Il n y a pas plus difficile que de construire une pirogue. Il faudra s’assurer que la forme est parfaite, mais aussi le fond. C'est-à-dire s’assurer que l’eau ne puisse pas entrer dedans et que la forme et les couleurs soient au rendez-vous. Pour construire un bateau, il faut plusieurs mois et nous construisons une pirogue en une semaine.

Est-ce qu’il y a des projets à l’avenir ?

Tout ce que je peux vous dire, c’est que ca fait longtemps que je suis dans ce métier et il fut un temps où je ne pouvais absolument rien n’y gagner. Mais depuis quelques années, j’ai commencé à travailler avec des blancs qui en font des armoires. Malheureusement avec l’éducation africaine, c’est très dur de ne pas construire gratuitement pour amis, proches et parents.

Voici les raisons de ma question précédente sur  la possibilité de faire de cette activité une usine, avec l’aide de votre Ministère de tutelle, bien sûr ?

Récemment le Gouvernement a construit un quai. D’après leurs dires, tout cela arrivera bientôt.

 

 

Nacho : « J’ai bien apprécié l’expérience sénégalaise par rapport à bien d’autres »

Street artiste résidant à Barcelone, Ignacio a un style très particulier. Dans ces fresques, on peut déceler que l’artiste est très influencé par la lune, les étoiles, les galaxies…Mais aussi par l’Afrique !  Rencontré au quartier Damels de la Medina à l’occasion du huitième festival Xeex en décembre 2015, nous sommes allés à la plage de Soumbédioune où il a posé une superbe et colorée fresque. Entretien.

Salut Nacho, vous êtes un artiste graffeur espagnol. Pourquoi avoir choisi de venir au Sénégal ?

Parce que tout simplement, c’était une opportunité de fouler pour la première fois, le sol d’Afrique noire. Ca a toujours été mon rêve de visiter l’Afrique noire. Le fait d’avoir été là signifie que mon rêve s’est réalisé.

Parlez-nous de votre personne. Depuis quand faites-vous de l’art et l’avez-vous appris ?

J’ai commencé à faire du graffiti en début 2000. Puis entre temps, j’avais fait une pause de deux ans, avant de recommencer avec du « Mural ». Je ne l’ai jamais appris à l’école, juste dans le tas.

Petit, ma passion était de lire les livres qui parlaient des civilisations. Mon grand-père m’a raconté beaucoup d’histoires  sur les différentes civilisations. Raison pour laquelle, vous allez voir des pyramides, des astres…

Peut-on dire que dans vos œuvres, il est possible de déceler la civilisation ?

En effet ! Dans mes œuvres, vous pourriez voir différentes civilisations. Comme ce graffiti que j’ai réalisé ici à Dakar durant le festival Xeex en Décembre 2015 ; les couleurs, le symbolisme, les représentations du Sénégal y sont bien présents. Pour moi, la civilisation est la chose la plus importante et la mieux partagée.

Votre première fois en Afrique noire. Souvent dans les medias occidentaux, on voit une autre Afrique avec de la famine, des guerres…Quand vous êtes arrivé au Sénégal et que vous êtes confronté à un environnement complètement différent de l’image peinte par les medias en occident. Vous vous êtes dit quoi dans la tête ?

Je me suis demandé où est ce qu’ils achètent toutes ces bombes ? Je sais ô combien c’est difficile et cher d’en acheter. Par contre, j’ai vu pour la plupart du lettrage, qui est purement américain. Je ne suis pas trop attiré par ce « copie collé ». Concernant les fresques murales, je pense que ce qui se fait en Afrique il n y existe pas mieux, à part les mexicains. En plus, j’ai remarqué qu’en Afrique, l’importance est le message de la fresque.

Pouvez-vous nous parler de vos expériences, voyages, festivals…

J’ai bien apprécié l’expérience sénégalaise par rapport à bien d’autres. Parce qu’ici, les pêcheurs de Soumbedioune ont été très conviviales et gentils avec nous. Ils nous ont aidés dans la logistique, ils nous ont servi du poisson gratuitement…

Quels sont les projets à venir ?

 

Je suis plus dans un travail à long terme. Je travaille actuellement sur des canvas pour une expo personnelle en mai à Barcelone. 

SON Graff : « Les auteurs des ces fresques méritent plus de respect et de motivation »

Seydina Ousmane Noreyni, plus connu sous le sobriquet de SON Graff est membre du collectif de graffiti Radikal Bomb Shot ( RBS ). Décembre 2015, nous l’avons croisé à la deuxième édition du Last Wall Tour à Saint Louis du Sénégal. Entretien.

Qui est SON Graff ?

Son Graff est un jeune artiste évoluant dans le mouvement graffiti au Sénégal. Je pourrais dire même évoluant dans le Hip Hop car ayant débuté avec le rap, puis la danse et enfin le break dance. Avec le graffiti, au début, ce n’était que par pu amusement que nous nous y sommes mis. Mais grâce à la rencontre avec le RBS Crew que j’ai compris ce que c’est le graffiti. Depuis des années on le faisait sans pour autant savoir réellement la définition de cet art.

Exactement pouvez-vous nous dire quand est ce que vous avez commencé à dessiner, à sentir ce besoin de créer ?

Depuis mon jeune âge, j’ai toujours aimé griffonner, dessiner, faire des lettrages, créer des personnages…Mais aujourd’hui, si je sais faire du graffiti c’est grâce au RBS Crew. J’ai commencé à les côtoyer en 2013 et c’est en 2014 que j’ai intégré la formation.

Qu’est ce que cela vous a rapporté d’avoir intégré le RBS Crew, dans le fond de ton travail et dans sa forme ?

J’ai appris beaucoup de choses ! J’ignorais tas de choses concernant cet art. Le graffiti n’est pas un art où tu fais du tout et du rien. Il faut à chaque artiste une touche personnelle. Et c’est grâce au RBS Crew que je suis parvenu à créer mon identité.

Quelle est cette touche personnelle, votre identité…

Moi je fais du semi-wild style, il m’arrive de faire de block-letters. Toutefois, le style n’est jamais compliqué dans la lisibilité. J’aime bien reproduire les personnages des dessins animés. L      es enfants s’y retrouvent, les illettrés et les intellectuels.

Quel est votre regard sur le graffiti sénégalais ?

Ici les gens apprécient le graffiti. Même s’ils ne vont pas jusqu’à appuyer les activités, ils apprécient. Du coup, cela nous encourage. C’est au Sénégal que tu réalises un graffiti et un policier se gare pour t’encourager. C’est une autre source de motivation.  

Quels sont les projets à l’horizon de SON GRAFF ?

Avant tout, je souhaite qu’à l’avenir que nos activités soient sponsorisées.  

Quel est votre message à l’endroit des autorités, en particulier du Ministère de tutelle ?

Tout le monde constate que les murs de l’autoroute de Dakar ne sont plus salis après un graffiti, des endroits abandonnés sont devenus des lieux attractifs. Les auteurs des ces fresques méritent plus de respect et de motivation.

 

 

Alun Be : « Architecte de formation, je me sens plus artiste dans l’âme »

Si vous êtes à la recherche d’un excellent portraitiste, ne cherchez plus. En effet, Alun Be serait le parfait photographe, du Président, du Ministre, de l’Athlète…mais aussi de l’enfant Talibé ou même de toi l’inconnu. Entretien.

Alun Be, qui se cache derrière cet objectif ?

Un homme passionné par les gens et ce que leur visage transmet de leurs expériences. Je trouve que le paysage des visages est l’une des choses les plus intéressantes à contempler : ils disent tant de choses à qui sait les écouter !

Architecte de formation, je me sens plus artiste dans l’âme.

 

A quand remonte votre compagnonnage avec la photographie ?

 

A l’âge de 14 ans, je prenais déjà en cachette l’appareil photo de ma mère, et avec mes petites économies j’achetais des pellicules noir et blanc. Je prenais en photo mon entourage et des scènes de rue.

 

 

Dernièrement vos œuvres ont été exposées et sont exposées un peu partout dans le monde. Parlez nous de ces différentes expos ?

 

A ma grande surprise, la toute première fois que j’ai montré mes photos devant un public c’était à l’Exposition Universelle de Milan en 2015. C’était un grand signe pour moi car j’ai su alors que j’avais fais le bon choix en me lançant dans la photographie.

J’adore partager mon travail avec le reste monde, car chaque coin de la terre a ses propres vérités : tout cela ouvre mon esprit à d’autre façon de faire, de créer…

 

 

D’habitude, quels sont les thèmes développés dans votre art ?

 

J’adore mettre en valeur des personnes qui ne sont pas habituées à l’être. D’ailleurs, mes premiers sujets étaient des personnes qui ne se trouvaient pas forcément photogéniques mais qui à mes yeux avaient énormément de charisme et n’avaient jamais été capturées sous le bon éclairage.

 

Quel est votre regard sur la photographie au Sénégal par rapport à ce qui se fait dans le monde ?

 

L’art, en général, a entre autres pour mission de refléter la vie de tous les jours, et je trouve que la photographie au Sénégal le fait  bien. Grâce à la nouvelle vague de photographes comme Malick Welli, ou Siaka Traore pour en citer juste quelques uns, le Sénégal est bien représenté culturellement à travers le monde via la photographie.

 

Les projets à l’avenir

 

Un beau projet au Sénégal, en collaboration avec l’association l’Empire des enfants, L’Unicef, et le producteur compositeur Henri Guillabert.

La biennale off de Dakar.

Et d’autres projets internationaux sont en train de se concrétiser.

For more info :

https://www.facebook.com/AlunBePhotography

Mokodu Fall : « Mon histoire avec l'art date depuis mon enfance »

Artiste plasticien sénégalais résidant en Italie, Mokodu a travaillé dans quelques journaux satiriques au Sénégal avant de poser chez bagages en Italie. Dans cet entretien, l’artiste nous dit tout.

Mokodou, vous êtes un artiste plasticien Sénégalais vivant en Italie, quelle est votre histoire avec l’art ?

Mon histoire avec l'art date depuis mon enfance, un don à travers le dessin, reproduire tout ce qui est visible. Durant le début des années 90 j'ai eu à fréquenter les dessinateurs du journal Cafard libéré ( journal critique politique ) où j'ai beaucoup appris techniquement, puis j'ai travaillé aussi pour quelques journaux de la place comme Afrique Economique, le Débat....Pour approfondir mon art j'ai pris l'Italie comme cible vers les années 1996, c'est durant les années 2000 que j'ai commencé avec la peinture à huile qui est devenu mon terrain de communication.       

 

En tant qu’artiste africain vivant en Europe, quelle est la part du marché de l’art africain contemporain selon vous en Europe, en particulier en Italie où vous vivez ?

L'Italie est pays conservateur dans le domaine de l'art, l'ouverture est très difficile pour nous les artistes Africains. Ce qui fait que le marché devient presque impossible. Cependant avec la migration au cours des dernières années, nous commençons à assister à une certaine ouverture vers l'art qui communique le grand holocauste de la mer Méditerranée, les différentes origines et les motivations des personnes qui arrivent en Europe.

Je pense que le marché Africain en Europe, pourrait être une place très importante dans le secteur socio-culturel, c'est l'unique moyen de communiquer avec les acteurs politiques et sociaux pour faire connaitre les différentes réalités.

 

Parlez nous de vos expositions et de votre cursus scolaire ?

Je suis autodidacte. Mon parcours artistique se développe à travers les galeries, critiques d'arts, artistes, voyages, lectures et surtout  à travers la pratique. J'ai commencé à exposer en 1999 individuelles et collectives mais mes expositions les plus importantes sont : la Biennale Internationale d’Art Contemporain à Rome en 2015 ; et African Art Fair à Paris 2015. J'ai collaboré comme dessinateur sur le magazine Xalima basé aux Etats Unis en 2015.

 

Les projets d’avenir ?

Tout d'abord, certainement grandir artistiquement toujours de plus en plus afin d'obtenir un meilleur niveau. Pour l'avenir.....nous le laissons entre les mains de Dieu.

 

Eldo, Graffeur : « Je trouve anormal et triste quand on parle de graffiti à Saint Louis, on ne cite que Cromagnon et Eldo »

A Saint-Louis du Sénégal, le mouvement graffiti est représenté par deux personnes. Il s’agit de Cromagnon, connu pour être le premier graffeur dans cette ville et du dernier, Eldo. A l’occasion du dernier « Last Wall Tour », initié par le RBS à Saint Louis, nous avons tendu notre micro au jeune El Hadji.  

Eldo, malgré votre jeune âge, vous faites partie des premiers graffeurs sénégalais originaires de la ville de Saint-Louis. Qu’est ce qui vous a poussé vers le graffiti ?

Depuis l’école primaire, j’ai toujours aimé faire des calligraphies. Et c’est en 2013 qu’à l’occasion d’un festival j’ai pu rencontrer des graffeurs dakarois, notamment Madzoo, Mow…

C’est en cette même période que j’ai connu « Cromagnon ». Il m’a beaucoup aidé et encouragé, en me donnant des conseils. Mais à vrai dire, l’art est une passion.

Est-ce à travers Cromagnon que vous avez connu le graffiti ou grâce à une autre plateforme ?

Comme je vous l’ai dit tantôt, j’ai connu cet art en 2013 à l’occasion du festival qui s’était tenu à Saint-Louis. Il y avait presque l’ensemble du groupe Radikal Bomb Shot et d’autres graffeurs, mais j’étais plus attiré par le style de RBS. Mais aussi, il faut le noter, ils étaient plus accessibles que les autres.

Quand on était plus jeune, on parlait de tag. Ainsi pour moi, c’était ca le graffiti en fait. Alors qu’en réalité, c’était plus que ca.  J’ai décidé de me rapprocher du premier graffeur connu de Saint-Louis « Cromagnon ». Il m’a inculqué un certain nombre de leçons de base. Jusqu’aujourd’hui  où nous nous retrouvons sur le même terrain pour réaliser des fresques ensemble.

Vous êtes entré dans le mouvement en 2013. La nous sommes en 2016. Quelles ont été les grands axes de votre courte carrière ?

Les choses se sont passées très vite. Début 2013, j’entre dans le mouvement et je participe au festival Saint Louis Mouv en 2014. Par ailleurs, j’ai participé au Festigraff en 2015 à Dakar et enfin à la deuxième édition du Last Wall Tour à Saint-Louis.

Qu’est ce que représente le graffiti pour vous ?

Le graffiti est une passion. Je ferai tout pour m’imposer une place et parfaire mon style.

Dans cinq ans, où est ce que vous vous voyez ?

Là où sont actuellement mes grands frères. Je salue l’initiative du Last Wall Tour. Et dans cinq ans, j’espère faire pareil. C'est-à-dire organiser un évènement et inviter tous les graffeurs du Sénégal, voire même des graffeurs occidentaux aussi.  

Je trouve anormal et triste quand on parle de graffiti à Saint Louis, on ne cite que Cromagnon et Eldo. Tandis qu’il y a des jeunes hyper talentueux, mais malheureusement ils n’ont l’opportunité. Il faut trouver des initiatives pour appuyer et motiver ces jeunes talents méconnus.

Dans cinq ans, si Insh’Allah Dieu nous donnera assez de pouvoir, nous ferons en sorte que ces jeunes puissent bénéficier de notre capital financier comme notre capital expérience.   

Hormis l’idée de créer un festival dans cinq ans, pensez-vous à l’idée d’exposer ?

Notre travail peut être comparé à la poésie. Il existe de la poésie lyrique et celle engagée. Notre « poésie », qui est notre graffiti est engagé. Nous essayons de transmettre des messages sociaux, politiques…afin de conscientiser. Et pourquoi pas un jour montrer cela partout dans le monde.

Comment exprimez-vous cet engagement ? Quels sont les messages que vous transmettez à travers vos graffiti ?

 

A travers mes graffiti, je développe beaucoup le comportement idéal que l’homme doit avoir sur cette terre. Je parle du respect, du savoir, de la liberté d’expression…Tous ces thèmes font partie d’aptitudes qui aideront le sénégalais, l’humain à faire un monde meilleur.   

Siaka, Artiste visuel : « Je me dis que ce n’est que le début, je ne fais que commencer »

Si la danse urbaine était le film « Les 300 », l’artiste photographe Burkinabé Siaka Soppo Traoré en serait son « Léonidas ». On ne se rappelle pas forcément de Rodrigue, des Soul Body Ground,  des X-Trems B.boys…Parce que tout simplement Siaka n’avait pas encore commencé à documenter cette scène et à l’exposer à travers le monde. Aujourd’hui, si la danse urbaine sénégalaise s’est internationalisée, c’est en effet grâce à ces photos. Actuellement  en Cote d’Ivoire pour le compte d’une exposition collective à la galerie de la fondation Donwahi. Du 19 décembre au 13 février, les Abidjanais pourront découvrir son talent, en compagnie de Turay Mederic et de Dodji Effoui. Dans cet entretien que l’artiste nous a accordé il y a une semaine à Dakar, Siaka se lâche. Entretien avec un humble, talentueux et intègre artiste.

 

Siaka Soppo Traoré, artiste visuel résident au Sénégal d’origine Burkinabé. D’abord, pourquoi avoir choisie la photographie comme support pour exprimer ton art ?

 

C’est venu naturellement parce que j’aime tout ce qui est visuel. Tout petit, j’aimais déjà dessiné. Par moment avec les études, j’ai du faire des pauses. Dans la famille aussi, il y a mon père qui aimait beaucoup la photographie. Tous ces éléments combinés m’ont amenés à la photographie. Puis j’ai acheté un appareil, j’ai commencé à prendre des photographies et le virus m’a envahi.

 

Quand exactement, tu t’es dit : « Voilà mon support ! », c’est  à dire le  déclic ?

 

Il y a cinq ans, j’aimais beaucoup regardé des images sur le net. Je collectionnais toutes ces photographies et je ne savais pas ce le pourquoi forcément. Un beau jour, un ami m’a proposé un appareil photo. J’ai sauté sur l’occasion. J’ai commencé à me focaliser sur des prises de détails, qui m’interpellaient. J’ai commencé à publier sur les réseaux sociaux et certains amis comme toi et d’autres ont commencé à m’encourager. Ces mots m’ont donnés beaucoup de motivation et depuis lors je n’ai pas arrêté. Déjà si on respecte le travail d’un artiste et que cet artiste vous respecte aussi à son tour. Cela m’a donné plus de motivation et de courage.

 

Ici au Sénégal, nous savons tous que la danse, en particulier celle urbaine n’est pas bien perçue par les gens. Mais à un certain moment, je pense que grâce à tes photos, est né regarde respectueux venant de la population. En tant qu’acteur de ce mouvement, quelle est votre analyse sur ce cas ?

 

Je ne peux qu’être heureux car c’est un objectif atteint. Parce que moi-même étant dans le milieu de la danse ; je pratique de la danse. Il y a des membres de la famille aussi qui sont danseurs professionnels. J’ai beaucoup d’amis danseurs aussi. Et le fait de les fréquenter, de voir leur état social, financier ; dans les causeries aussi, ils me parlent des difficultés qu’ils rencontrent dans le monde de la danse. Et moi étant dans la photographie, j’ai voulu combiné toutes ces expériences là pour exposer la danse. Je trouve que la danse est un art très important, qui demande un dépassement de soi. Dans notre société, il y est très difficile de s’épanouir dans la danse. Rien que pour ca, je les respecte et les honore.  Le fait que les gens s’intéressent aux danseurs et la danse grâce à mes photographies, c’est un objectif qui est atteint. Je demande aussi à d’autres personnes de s’intéresser à cette discipline. Ce n’est que bénéfique pour tout le monde en fin de compte. Les danseurs, les photographes, les artistes musiciens qui sont intéressés par les danseurs pour réaliser des clips. Toute cette mouvance ne fait qu’élargir le mouvement. La photographie a amené un plus dans cette discipline. Par ailleurs, il y a d’autres photographes qui sont là et font le même travail depuis des années. Je peux citer : Elise Fitte Duval, Antoine Tempé…entres autres qui s’intéressent à la danse.

 

Mais quand on parle de la danse urbaine, c’est Siaka Soppo Traoré…

 

Je me suis plus intéressée à la danse urbaine parce que c’est là où il y a plus de spectacle. Mais aussi, c’est eux qui rencontrent beaucoup plus de difficulté.  Certains danseurs m’ont confié que grâce à mes photos ils ont eus des contrats. Je suis très heureux pour ca. Et j’espère avoir l’occasion de travailler avec eux sur d’autres projets.

 

En quatre ans de travaux sur la danse, tu as pu réaliser un projet d’expo photo en 2013 à l’occasion de la Biennale Dak’Art dans la maison d’Aissa Dione. Quels ont été les résultats de sociaux ?

 

Des résultats sociaux par rapport à qui ?

 

Par rapport à toi-même d’abord et par rapport à ce milieu de la danse ?

 

Dans le cadre de la Biennale en 2013, chez Aissa Dione, une exposition soutenue par l’association Sunu Street, dont je suis membre. On a eus de bons retours, par rapport à cette exposition, par rapport à cette nouvelle vision qu’on a de la danse ici au Sénégal. Concernant ma carrière, l’expo m’a ouverte d’autres portes. Cela m’a permis d’être découvert par d’autres artistes. Ils m’ont fait de bons retours, j’ai eues des critiques aussi pour m’améliorer. En partie, cela m’a permis d’approfondir mes travaux photographiques. Socialement aussi, les danseurs, je trouve qu’ils ont commencé à plus se prendre au sérieux. Parce qu’ils sont vus partout et les gens s’intéressent à ce qu’ils font. Ils s’organisent de plus en plus. Ils prennent conscience que c’est vraiment un travail. Bien vrai qu’avant certains d’entre eux en avaient déjà la conscience, maintenant avec leurs images tournent à travers le monde. Donc forcément, ils mettent beaucoup plus de serieux à ce qu’ils font. L’expo m’a permis d’apprendre beaucoup aussi. J’y ai rencontré d’autres artistes avec qui j’ai pu échanger. C’est dans l’évolution des choses. Je pense que cette exposition m’a vraiment ouverts les yeux.

 

2 ans plus tard, vous représentez votre pays le Burkina Faso au festival Photoquai à Paris. Pouvez-vous nous raconter un peu cette expérience ?

 

C’était superbe ! J’étais sélectionné parmi des photographes ici par rapport au festival Photoquai. Le thème c’était : « La famille ». Auparavant, le curator Azu Nwagbogu du Nigeria était passé à Dakar pour faire sa sélection. Voilà, j’ai présenté mes travaux comme bien d’autres artistes. Vraiment, je ne m’y attendais pas du tout. A paris, j’ai présenté mes travaux avec quarante autres photographes. C’était une expérience particulière car étant la première exposition qui m’a permise à voyager grâce à la photo. Le fait d’avoir rencontrées d’autres nationalités du monde entier, de discuter avec eux. Cela m’a fait prendre une autre dimension de la photo. La on sort du monde virtuel pour entrer dans le monde réel. Des jeunes pour la plupart, pas forcément connus. La découverte de la France aussi. J’ai représenté le Burkina bien que je vis ici au Sénégal (Il éclate de rires). A Paris, tout le monde me posait la question lancinante de savoir : «  Vous êtes du Burkina ? ». Je répondis : « Oui, mais je vis au Sénégal ». Cela m’a amené à me poser beaucoup de questions sur ma place dans la société ici au Sénégal. Mes photographies représentent plus le Sénégal. Ce pays m’a adopté et que j’ai adopté aussi. Ca fait des années que je vis ici. Mais malheureusement, je ne parle pas Wolof. Mais n’empêche que je suis à moitié sénégalais !

 

D’où provient l’imagination de Siaka Soppo Traoré ?

 

C’est ma vie ! C’est l’expérience, tout ce que je vis. Je me dis que c’est nos expériences qui nous font penser, créer, mediter. D’abord, il faut noter que je pratique de la danse ce qui fait que j’ai un certain ressenti avec la musique, les mouvements du corps, la danse…J’aime beaucoup la musique ; ca stimule les neurones, les films (en particulier la science fiction). Mais il y a aussi ma formation en ingénierie civile dans le bâtiment. Donc, cela me permet d’avoir une certaine ligne. J’ai une certaine formation dans le dessin technique. Je me dis que tout cela m’a aidé à avoir cette imagination, à chercher loin et mes fréquentations aussi. Toutes ces choses qui s’entremêlent, c’est la source de mon inspiration. Il y a le coté spirituel aussi. C’est tout un monde que je ne peux pas séparer.

 

Vous avez fini avec le festival Photoquai, c’est quoi la suite ?

 

La suite, c’est prendre des photos, continuez à expérimenter, de me dépasser moi-même. Je me suis fixé des objectifs, je veux atteindre un certain niveau dans ma technique et dans ma qualité de photo. Je me dis que ce n’est que le début, je ne fais que commencer. Dans ce monde on ne fait qu’apprendre, donc je vais continuer à apprendre, à rencontrer d’autres personnes, à travailler en collaboration avec d’autres artistes, faire naitre quelque chose de beau, de nouveau qui puisse faire évoluer notre social, notre spiritualité, notre mental…Que ce soit des choses positives pour tous.

 

For more info :

Facebook : Sopsiak Photography

Instagram : @siaka_s._traore

Site : www.sopsiak.com

 

 

 

Alberic, Street artiste : « Là, maintenant j’apporte de l’argent, en disant à la vieille, voici ce que j’ai gagné avec mon art »

Etudiant à l’Institut National Supérieur des Arts et l’Action culturelle d’Abdijan, Alberic est un artiste avec un style particulier. Son travail pourrait être résumé à l’activité manuelle. Car dans ses représentations et fresques, on peut y déceler une certaine approche du travail de l’ouvrier. Rencontré par l’intermédiaire de Jacob Bleu aux locaux de l’INSAAC, nous nous sommes entretenus avec ce jeune artiste prometteur.

Alberic, vous êtes un artiste ayant suivie une formation à l’Institut National Supérieur des Arts et l’Action culturelle d’Abdijan. Malgré cette formation académique, vous êtes beaucoup plus versé dans le street art. Quelles en sont les raisons ?

J’ai opté pour le street art parce que c’est un art qui n’est pas très bien développé chez nous, en Afrique de l’Ouest surtout. Dans mes recherches, j’ai pu constater que si on devait retrouver du street art, il fallait aller jusqu’en Afrique du Sud. Les street artistes confirmés et reconnus sur le plan international vivent en Afrique du Sud. Mais au niveau de notre contrée, c'est-à-dire en Afrique de l’Ouest, ce n’était pas trop évident de trouver des street-artistes. Et là, on s’est dit que c’est une voie à exploiter. Vu qu’on a connu les disciplines comme la peinture, la toile, la sculpture…le street art reste encore méconnu. C’est ainsi que je me suis décidé à opter pour ce type d’expression afin de le développer dans mon pays et dans la sous-région.

Avez-vous des échos par rapport à la sous-région, qu’est ce qui s’y fait à part l’Afrique du Sud ?

Mes recherches se basent plus sur le street art européen. Je sais que c’est un art qui est né aux Etats Unis dans les années 60. Etant donné que nous sommes dans bleus dans le mouvement, il fallait s’imprégner des précurseurs du mouvement. Quelle était leur idéologie, pourquoi ils se sont inscrits dans le street art…Il y a un esprit qui accompagne cet art et il ne faut en aucun cas se dégageait de cet esprit. Sinon, ce n’est plus du street art. Etant donné que nous avons nos réalités, il est clair que nous ne pouvons l’appliquer comme il est fait aux Etats Unis.

J’aimerais que nous parlions de la perception de cet art chez la population ivoirienne. Est-ce un art considéré comme du vandalisme ou c’est une discipline bien accueillie par la population ?

Pour l’instant, c’est un art qui n’est très bien accepté. Parce que comme j’ai eu à le dire, c’est un art qui est encore méconnu. Comme aux Etats Unis dans les années 60, les artistes posaient sur les murs de façon clandestine. Et le lendemain, les gens pourront voir l’œuvre finale. C’est vrai que c’était beau, mais tout autant considéré comme du vandalisme parce qu’il n y a pas eu au préalable une autorisation ou demande de permission.

Chez nous en Afrique, c’est plus compliqué. Si vous faites ca, vous risquez d’avoir des problèmes avec les autorités. Donc ce qu’on fait en général, c’est qu’on demande la permission aux propriétaires.

Alors peut-on dire que les populations ont accepté ? Car là, vous arrivez quand même à avoir des murs où vous pouvez poser vos fresques ?

En effet ! Actuellement, nous sommes d’ailleurs sur un projet. Il  s’agit de rendre le quartier « Berlin » de la commune de Bingerville touristique. On veut embellir tout le quartier avec des œuvres d’arts sur les murs. Pour l’instant, nous travaillons dessus avec Monsieur Jacob Bleu, Mac Arthur

Savez-vous qu’au Sénégal, le graffiti existe depuis les années 90. Et qu’il s’agit d’un art bien développé ?

Je suis au courant du développement du graffiti au Sénégal. Mais malheureusement, la plupart des journalistes ivoiriens n’ont pas les échos de là bas. Donc, on a l’impression que c’est une discipline qui n’est pas très développée, en fait. A part vous qui nous le dites, nous ignorons l’existence et le développement d’art dans un pays voisin.

Pour vous rassurer, ayant exposé en Allemagne, les journalistes et quelques jeunes me disaient la même chose. C'est-à-dire qu’ils ignoraient l’existence de cet art au Sénégal, voir même en Afrique.

Mais nous connaissons qu’il y a de grands peintres, sculpteurs…

Racontez-nous votre histoire avec l’art. Pourquoi avoir choisi l’art ?

L’art est un don chez moi, parce qu’ayant commencé à dessiner depuis la classe de CP 1. Je savais qu’il y avait une école d’art à Abidjan. Ainsi quand je suis arrivé en classe de 3e,  j’ai voulu intégrer le lycée artistique, mais mes parents n’ont pas voulu. Parce que selon eux, les métiers des arts n’assurent pas économiquement. J’ai du encore attendre jusqu’en classe de terminale, après l’obtention de mon baccalauréat. J’ai passé le concours et j’ai été admis à l’Institut National Supérieur des Arts et l’Action culturelle d’Abdijan.

Quand votre Papa a vu que des jeunes comme Aboudia, Yeanzi…arrivaient à s’en sortir. Est-ce qu’il a changé d’avis ?

Oh oui, ils ont bien évidemment changé d’avis. Là, maintenant j’apporte de l’argent, en disant à la vieille, voici ce que j’ai gagné avec mon art. Donc, elle a compris que c’est un art avec lequel, on peut s’en sortir. Et on peut se construire toute une vie avec. Donc, finalement elle a accepté et le vieux aussi.

Quel est votre message à l’endroit de cette jeunesse ivoirienne, qui a envie de dire quelque chose à travers le street art ?

 

Ce que je pourrais leur demander, c’est de continuer. Parce que tout simplement, ce n’est pas facile. Vous savez les mouvements artistiques sont nés à partir de révolution. C’est parce qu’il y a eu des gens qui ont eue l’idée et on voulu l’imposer aux autres. Cela n’a pas été facile. Mais des années après, tout le monde a reconnu leur prouesse. Mon message à l’endroit de tous ces jeunes, c’est de persévérer. C’est difficile d’être reconnu en tant que street artiste.

 

 

SABOTAJE AL MONTAJE, ARTISTE GRAFFEUR : « il n y a pas d’artiste meilleur que l’autre »

Il y a 7 ans, rencontre avec Mathias, plus connu sous pseudonyme de Sabotaje al Montaje. Il était invité dans le cadre du festival Xeex. Il avait réalisé un joli portrait de Buru Medina sur le mur de l’empire des enfants. En 2015, il est encore revenu pour participer à ce même festival. Un bref passage au quartier Damels nous a permis de le choper, il y a deux jours. Entretien avec un artiste espagnol de très haut calibre.

Votre dernière visite au Sénégal remontre il y a 7 ans. A la huitième édition, vous êtes ici au pays de la Téranga. Quelles sont vos impressions ?

Sénégal a toujours été une expérience positive. Le fait de revenir 7 ans après c´est important pour la mémoire. Et le fait de constater que les artistes continuent de peindre les rues, ca fait plaisir. Surtout, la variété de provenance de ces artistes : sénégalais, américains, espagnols, anglais, brésiliens…La ville est en train de élargir en culture et je crois que c´est une bonne opportunité que je puisse apporter à nouveau mon petit grain, qui résume en vivre et peindre...

Quelle est votre analyse par rapport à la scène du graffiti et des fresques murales au Sénégal. Pensez-vous qu’il y a une évolution ?

Je crois qu’il y a 7 ans, il y avait que 5 o 6 artistes de graffiti, maintenant il a plus de mouvement, on voit plus de tags, graffitis et mural quand on circule dans la ville...
En tout cas le Sénégal, il y a beaucoup d’artistes, rien qu’en regardant les pirogues, carapides et ndiaga ndiaye, on s’en rend compte. Je crois que l´art avance dans ce pays tant au graffiti comme dans la musique.

Pouvez-vous nous parler de votre travail. D’où vient votre inspiration ?

Partout c´est pareil, la seule chose qui change sont les odeurs, les personnes, mais j´aime bien peindre, peindre pour les gens, pour la rue, pour les enfants, pour nous tous. La chose le plus important c´est la couleur.... et la donner gratuitement. Il y a toujours des expériences et anecdotes différentes selon le lieu que je visite... mais ce qui m’inspire toujours sont : les habitants, leurs sourires… Pour moi, c´est l´essentiel !

Vous êtes artiste depuis plus ou moins 20 ans, quel a été le meilleur festival ou votre meilleur moment de carrière artistique ?

Je suis quelqu'un très conformiste, dans tous les festivals tu connais toujours des gens, tu fais des amis, tu connais de nouveaux artistes, des échanges d´expérience. Mais en réalité, il n y a pas pour moi un festival plus important que d´autres... C´est comme il n y a pas d’artiste meilleur que l’autre. L´art en général est bon pour l´être humain. Je viens de Miami (USA) et je suis la maintenant. C´est un grand contraste, mais je préfère ici pour exemple, alors que c´était très positive mon expérience aux Etats Unis.

Nous savons que vous voyagez tout le temps. Mais quels sont les projets actuels de Sabotaje Al Montaje ?

Mon ambition est simple, continuer comme ça, voyager deux ou trois fois par année et passer chez moi aux iles Canaries. J´adore peindre chez moi et après bouger un peu autour de monde en fonction des invitations... J´aime partagé avec les autres !

 

Traduction Espagnol/Français : Nicolas De la Carrera
For more info : 
Facebook : Sabotaje Al Montaje
Instagram : sabotajealmontaje
Site : www.sabotajealmontaje.com

 

Arthur, Street Artiste Ivoirien : « Si on refoule l’art, surtout l’art contemporain, nous sommes en train de refouler une partie de notre histoire »

Parfois, il arrive de voir le physique d’une personne et d’en déduire qu’elle est intelligente. En effet, Arthur fait partie des ces types de personnes. Rencontré en mi novembre 2015 à l’Institut National Supérieur des Arts et l’Action culturelle d’Abdijan, il a accepté avec plaisir de répondre à nos questions. Dans cet entretien, le jeune artiste nous parle de sa personne, de sa démarche artistique, de ses projets…Entretien.

Veuillez vous présenter à nos lecteurs, s’il vous plait ?

Moi, c’est Ange Arthur, jeune artiste plasticien ivoirien. J’évolue plutôt dans l’art de l’installation et du graffiti. Ici, nous voulons imposer un style d’art qui sort des cotes. Que ce soit dans le graffiti, que ca soit dans l’installation, nous voulons transcender beaucoup de règles. Nous avons déjà commencé avec des acteurs culturels abidjanais qui croient en nous. Moi personnellement, j’essaye de représenter les « voix des sans voix ». C'est-à-dire des gens qui sont dans la rue et qui se battent au quotidien pour que le monde aille mieux de jours en jours. Des gens qu’on ne considère pas forcément. Et moi je suis allé jusque dans les univers de ces personnes.

Parlez nous en l’occurrence de ces travaux que vous aviez récemment exposés à lebasquiat art gallery. Et pourquoi avoir senti le besoin de travailler sur des jeans usés des mécaniciens ?

Depuis mon entrée à l’Institut National Supérieur des Arts et de 
l’Action Culturelle, j’ai appris auprès des professeurs que l’art était réservé plutôt à une certaine classe sociale (les riches). Et j’ai remarqué que dans mon quartier à Bobo, les gens ne s’intéressaient pas à l’art parce que l’art ne s’intéressait pas à eux. Et moi j’ai voulu donné une chance à ses personnes, un jour d’entrer dans une galerie. De même qu’on pourrait laisser un banquier entrer dans une galerie, je voulais qu’on laisse la possibilité à un maçon, un mécanicien, un plombier…de venir regarder. Moi j’ai voulu ramener dans la galerie l’histoire de ces personnes démunies. J’ai utilisé les vêtements de mécaniciens, les maçons, menuisiers et autres pour rapporter ce qu’ils vivaient au quotidien. Ces des pièces à conviction et dans ces pièces à conviction, il y a la sueur de ces personnes, leur vie, leur âme. J’envoie l’âme de ces personnes là dans les galeries pour qu’aux yeux de tous, on puisse savoir, c’est quoi la difficulté de ces genres d’activités dans nos bas quartiers. Ces vêtements ne sont pas traités par aucune matière quelconque. Ils n’ont pas été lavés, ce sont des vêtements pris ainsi et assemblés. Histoire de montrer à travers les marques les difficultés de leur travail respectif.

Selon vous, quelle est la perception de la population ivoirienne concernant le graffiti ?

Comme partout, le graffiti au départ pour les gens c’est l’art de voyous ; du pur vandalisme…Mais aujourd’hui par la grâce de Dieu, le graffiti est considéré comme un art. Donc, les gens commencent à comprendre au fur et à mesure qu’avec le graffiti, on passe beaucoup de messages. Voilà, aujourd’hui il est considéré comme un art à part entier. On peut se rapprocher d’un artiste graffeur sans se dire que « c’est un voyou ». Le graffiti est quand même un canal de sensibilisation, qui permet de parler à la population.

Aujourd’hui, quels sont vos projets à court terme et à long terme ?

A court terme, c’est d’abord de pouvoir investir la ville d’Abidjan. Et personnellement, dans ma tète je me dis qu’il est mieux que je commence dans les zones assez reculés, des « zones pauvres ». Déjà dans ces lieux, le mécanicien, le cordonnier, le maçon…sache que leur vie intéresse des artistes. Je vais commencer dans mes bas quartiers à m’occuper de nos murs délabrés, tout ce qui est espace non utilisé. Et au fur et à mesure gagner les grandes villes. Pas forcément les grandes villes, mais plutôt les grands espaces (les lieux habités par les bourgeois). Ces gens sont déjà avertis, déjà cultivés, ils connaissent cet art depuis des décennies. Mais je pense qu’il faut plus se focaliser dans les bas quartiers afin que les populations comprennent que c’est un art. 
Avant le graffiti était quelque chose de banni et aujourd’hui nous avons à Abidjan des plateformes comme lebasquiat art gallery qui accueille cette forme d’expression.

Que pensez-vous de cette avancée et de l’apport de cette structure qu’est lebasquiat art gallery ?

C’est une bénédiction pour nous ! Parce que ça fait des années en arrière qu’on y pense. Toutes les galeries ici à Abidjan n’ont pas eue cette vision depuis toujours. L’art ici est plutôt droit, les gens se mettent dans un canevas d’exposition « plate ». Voilà, c’est le mot adéquat pour définir « leur méthode ». Il n y a que lebasquiat, cette année qui nous a montré qu’on pouvait dépasser ces limites. Quand les propriétaires de la galerie lebasquiat art gallery nous ont faits appel pour qu’on tagge sur les murs de leur galerie. Sur le coup, nous étions vraiment étonnés que des gens aient cette audace. Pour une autre galerie à Abidjan, je vous assure que ce serait quasiment impossible. Parce que tout simplement, ils ont peut d’oser. Lebasquiat, c’est une très grande avancée !

En tant qu’artiste et humain, quel est votre message de vie ?

Si j’ai un message à adresser à tous ceux qui font de l’art ou même qui n’en font pas, surtout en Afrique. C’est plutôt leur dire que : « l’art, c’est l’histoire ! Si on refoule l’art, surtout l’art contemporain, nous sommes en train de refouler une partie de notre histoire ». Parce que d’ici 70,100, 150 ans, qu’est ce qu’on pourra retenir de tout ce qui était comme activité humaine sur cette terre à part les traces de bombes et autres ? Il faut qu’on donne la chance à l’art d’exister. Donc que chacun de nous dans son coin essaye de faire quelque chose pour que l’art puisse avancer, et non pas rester statique. A l’image de la galerie lebasquiat art par exemple : ils ont donné une force à nous, jeunes qui voulons démontrer notre talent autrement. 

Loading...
Loading...
Loading...