Aida : « On ne fait pas seulement la technique Acogny, on fait tous les cours pouvant nous faciliter à maitriser la technique Acogny »

 

En aout 2016 dernier, une visite a l’école des Sables nous a permis de rencontrer Aida. En effet, la jeune dame s’active dans la danse contemporaine, en particulier la technique Acogny. Dans cet entretien, Aida nous parle de la technique Acogny, de son projet « She Poems », de l’ignorance que le reste du monde a de l’Afrique…Entretien.

 

 

Aida, vous êtes danseuse professionnelle. Depuis quelques années, vous avez initié ce programme, qui est d’enseigner la technique Acogny. Pouvez-vous nous en parler un peu plus ?

 

Au fait, en 2010, j’ai fait l’apprentissage de la technique Acogny. C’est juste après cette éducation, que j’ai crée le projet “Lanla”. Je me suis lancée dans ce projet afin de diffuser la technique Acogny. Une initiative que je co-dirige avec Ise An Verstegen…..

 

Suite cette transmission venant de Germaine, nous sommes devenus comme des enfants d’Acogny. Puis, nous avons comme la responsabilité historique de maintenir la transmission de sa technique. Parce que tout simplement, ce fut la première et unique fois qu’elle a décide de faire la transmission de toute sa technique.

 

Vous étiez combien en 2010, quand Germaine s’était décidée de transmettre sa connaissance ?

 

Nous étions 10, mais au final nous sommes sortis 9 pour diverses circonstances. 

 

Elle a dû en sélectionner alors ?

 

Tout a fait, elle a choisi 9 de ces 18 participants. Donc à partir de 2012, on a commencé les activités. En 3 ans, Germaine, nous a transmise sa connaissance, deux mois intensifs de transmission. A partir de là-bas, j’ai commence à méditer sur l’idée de ce programme avec Ise. On a commencé à donner des stages un peu partout dans le monde.

 

Vous avez commencé par quel pays ?

 

J’ai tout d’abord commence en Afrique, puis l’Espagne. J’ai fait Amsterdam, New York, Berlin, Barcelone, Madrid et les Pays Basques. Mais mon principal internet demeure l’Afrique. Pas seulement la technique Acogny, mais notamment la danse contemporaine en général.

 

Maintenant, on a pensé à faire un projet a l’intérieur de l’Ecole des Sables, qui est complètement focalise sur la technique d’Acogny. Ces ateliers se passent en deux semaines intensives, toute la journée, 7h 30 d’heures par jour. Et c’est un stage international. Nous recevons des participants qui viennent de partout dans le monde.

 

En 2016, combien de participants aviez vous et ils sont venus d’ou ?

 

Des Etats Unis, Angleterre, France, Italie, Indonésie, Corée, Tanzanie, Niger, Cap Vert, Sénégal, Espagne…

 

Excellent ! Dites-moi, est ce que chaque année, c’est la même technique qui est reproduite ou existe-t-il des innovations ?

 

 

Ce n’est pas la technique pure et dure qui est reproduite. On fait toutes sortes de danses contemporaines pour faire comprendre la technique et l’esprit Acogny. Donc, ce n’est pas une transmission. On ne fait pas seulement la technique Acogny, on fait tous les cours pouvant nous faciliter à maitriser la technique Acogny.

 

Peut-on avoir un aperçu du contenu du cours ?

 

Dans la matinée, nous commençons avec les cours technique Acogny et les autres cours sont différents chaque année. Il y a normalement, Ballet Acogny, Danse contemporaine Africaine et contemporaines occidentales, Sabar et les cours de création. Sans oublier la danse traditionnelle du Togo et Benin, car la technique Acogny est une rencontre entre le Sabar et la danse traditionnelle du Benin. Il faut le préciser encore, Germaine est née au Benin et a grandi au Sénégal. Donc, c’est tout à fait normal que sa technique ait ses deux sensibilités.

 

En tant qu’élève et fille adoptive de Germaine, qu’avez vous pense sur sa participation et son invitation d’honneur au festival de BAM 2016 ? Des Américains qui n’étaient pas au courant que la danse contemporaine existait en Afrique ?  

 

Elle nous appelle mes “enfants”. Ça m’a fait du bien de voir cela. L’Europe, l’Amérique et le reste du monde ignorant la réalité en Afrique. Ce n’est pas seulement la danse, mais tous les arts, la vie quotidienne et la réalité de l’Afrique. Le problème, c’est que le monde regarde toujours le côté exotique de l’Afrique, folklorique et ferme. Non, ils ne croient pas qu’il existe une vie quotidienne et contemporaine, qu’il existe de l’art contemporain, qu’il y a de la danse contemporaine, des artistes contemporains. La seule chose qu’ils voient, c’est la pauvreté, l’exotisme, le safari ou les ballets traditionnels. Ceci n’est point la réalité. Les personnes qui connaissent l’Afrique, la réalité c’est surtout la danse urbaine, la danse contemporaine. N’empêche que la danse traditionnelle est la, c’est la base mais ce n’est pas la seule manière d’expression existante.

 

Souvent, les stagiaires qui viennent a l’Ecole des Sables sont choques et émerveillés. Dès qu’ils arrivent en voyant ces infrastructures au sein de l’Ecole des Sables. Ils se disent : « Waouh » ! Pourquoi cet émerveillement ? Parce que tout simplement, pour ceux, il n’y a rien en Afrique, les enfants meurent de faim. L’Ecole des Sables fait partie des plus grandes institutions dans le monde, pas seulement en Afrique.

 

Mais heureusement qu’il existe aujourd’hui un réveil chez concernant l’Afrique. L’Europe et le reste du monde découvre maintenant la technique d’Acogny. La danse est professionnelle ici ? Mais oui ! Il y a des espaces professionnels en Afrique ? Mais oui !

 

Germaine doit avoir sa place ; c’est la maman de la danse contemporaine.

 

Il y une énorme liste à citer. Récemment, le jeune chorégraphe et danseur urbain, Salif Traore avait organise un festival à Dakar…

 

En effet, la liste est loin d’être exhaustive !

 

Quels sont les projets à venir ?

 

Mon futur et mon présent, c’est mon projet avec les femmes, intitule « She Poems ». Il s’agit de mon projet le plus important que je fais dans beaucoup de pays. J’ai eu à le faire au Sénégal, au Niger, au Cap Vert, au Nigeria, en Tanzanie et au Kenya. Et j’espère le faire encore dans différents pays.

 

A quoi consiste ce projet ?

 

Il consiste à donner de la visibilité aux femmes africaines. Et c’est un projet qui met en valeur les femmes en tant qu’artistes, en tant que créateurs. Les hommes sont toujours visibles, mais les femmes ont moins d’opportunité. Ce problème n’existe pas seulement en Afrique, mais partout dans le monde. Il parle au fait de la femme universelle, même s’il est vrai que depuis 2009 je travaille en Afrique. A travers ce projet aussi, je voudrais montrer la diversité culturelle.

Au début, on faisait juste des courts métrages et puis nous nous sommes retrouvées avec beaucoup de photographies. Au Sénégal par exemple, avec Siaka, nous avions obtenues de belles photographies. Ce qui nous a pousse à en faire une expo photo, en plus du court métrage. Ce fut une belle collaboration avec Khoudia et Marie Agnès. D’ailleurs, c’est juste après « She Poems »  que Marie Agnes ait repris sa troupe.

 

Nous avons également pu voir les magnifiques photographies réalisées par Siaka.

 

Oui, au Sénégal grâce a Siaka, la magnifique nous avons pu avoir d’excellentes photos. Au Sénégal, ce fut la totale : photographies, court métrage et la pièce de danse. Nous avions participe avec au festival « Duo Solo » et a « Kaay Fecc ». L’année dernière, nous avions également présenté en Espagne en 2015 et aussi on aimerait faire pareil en 2016. En Tanzanie, nous avions fait pareil...

Il nous faut plus de femmes leaders, ainsi les autres pourront se dire qu’il est tout à fait possible d’atteindre les mêmes objectifs que les hommes.

 

Moi, j’ai rencontre une femme qui est Directrice de l’Institut National Supérieur des Arts et de l’Action Culturelle d’Abidjan. Et elle l’est depuis 8 ans.

 

Donc, c’est ce dont le monde a besoin.

Des femmes comme toi…

 

( Elle éclate de rires) avant de finir par ses mots :

J’essaye !

Photographies : Siaka Soppo Traore

Pour plus d’infos, allez visiter ces différents portails :

http://www.lanlamove.com/germaine-acogny

https://www.facebook.com/Lanlamove/?ref=ts&fref=ts 

 

Mame Diarra Diop : « Pour moi, le voyage signifie l’acquisition de nouvelles connaissances à travers une nouvelle culture »

Derrière Sunu Thiossane, ce projet très prometteur, il y a Mame Diarra Diop. En effet, il s’agit de ce programme académique alliant la culture que Mame Diarra en concert avec Senegalese American Bilingual School organise chaque année. Le 2 septembre 2015, le spectacle « Tukki Takhoul Nga Tekki » s’etait déroulé au Grand Théâtre. Quelques jours après, nous lui avions tendu le micro. Actuellement à Dakar pour l’edition 2016, nous revenons sur notre entrevue avec Mame Diarra de 2015.

 

Mame Diarra Diop, vous êtes la fondatrice de Sunu. L’année dernière, vous aviez organisée le Hip Hopera, suite à un camp de vacances avec des jeunes sénégalais et africains qui sont liés à la culture américaine. Quel a été l’impact de Hip Hopera à votre humble avis ?

 

Grace au spectacle de l’année dernière, Sunu Thiossane a élargi son champ de partenariats. Cela nous a permis de pouvoir collaborer avec beaucoup d’organisations, d’autres programmes qui sont au Sénégal. Une chose que je peux dire, c’est que cette année a été fabuleuse en termes de thème développé. Nous parlons ce sujet : « Tukki Takhoul Nga Tekki ».

 

Pourquoi avoir choisi ce thème ?

 

Ceci est un thème très important, spécialement dans les pays étrangers ou les gens croient que quand tu voyages forcément, tu peux réussir. Cela est bien connu au Sénégal où les jeunes pensent tous à quitter le pays, espérant que tout est rose de l’autre coté de la rive. Et quand ils (ndlr : les jeunes Sénégalais) prennent cette décision de quitter le pays, ils sacrifient toute la structure traditionnelle familiale. La situation financière est le premier motif. Parce que les opportunités de travail sont très faibles ici au Sénégal. Mais imaginons que la personne quitte son pays et n’ait plus l’opportunité de rentrer ? Si tout le monde part, ou seront les têtes qui vont construire et faire développer le pays ? 
Ces questionnements m’ont poussé à choisir ce thème pour la troisième édition de Sunu Thiossane. Beaucoup de jeunes ont la fallacieuse impression que l’occident est plus rose qu’au Sénégal. Ainsi, ils choisissent en fermant les yeux d’aller aux Etats Unis, en Espagne, en France, au Portugal…, croyant que l’argent y coule à flot. Ces jeunes pensent qu’il n’y existe pas de problèmes dans ces pays. 
Les jeunes ne doivent pas faire focus sur l’aspect financier. Pour moi, le voyage signifie l’acquisition de nouvelles connaissances à travers une nouvelle culture. Vous allez à la découverte d’une nouvelle culture, mais revenez pour utiliser ses connaissances dans ton propre pays. A travers l’art, nous avons fait passer ce message qui nous tient à cœur : « the grass is not always greener on the other side ». Personnellement, je pense que l’éducation à travers l’art visuel est la meilleure des solutions pour distiller la connaissance.

 

Peut-on dire que ce sujet, vous parle personnellement ?

 

Personnellement, mon père a quitté son pays natal dans les années 70. A l’époque, il était très jeune. Il a vécu en France, en Italie, en Allemagne, en Espagne et aux Etats Unis. J’ai eu la chance de le voir plus que mes autres sœurs. Il n’était presque jamais au Sénégal ; la plupart de son temps, il était toujours en occident. Il n’avait pas trop de relations avec ses enfants vivant au Sénégal. Ceci m’a beaucoup affecté car ayant vu mes frères et sœurs sans repères, entrer dans des histoires. C’est comme aux Etats Unis où les papas sont aux abonnés absents. Au Sénégal, les papas ont choisi d’être absents pour une meilleure situation financière. Mais malheureusement, cela change la dynamique d’une enfance. C’est toujours compliqué pour un enfant de grandir avec toutes ses facultés sans la présence d’un papa. L’enfant grandit avec des problèmes de confiance en soi.

 

S’agissant du programme académique, il y a-t-il eu plus d’affluence cette année ou l’année dernière ?

 

Par rapport à l’année dernière, cette année nous avions plus d’inscrits. L’année dernière, nous avions juste 35 inscrits. Cette année, nous avons obtenu 105 inscrits.

 

Quelles ont été les disciplines dans le programme académique de cette année ?

Les cours aussi étaient complètement différents de ceux de l’année passée. Le programme était plutôt spectacle qu’académique. 
Nous avons constaté qu’au Sénégal, les parents sont plus intéressés par l’académique. Quand on leurs parle de mathématiques, de sciences, littérature, les langues, chimie…les parents sont plus intéressés. Et Sunu Thiossane a choisi de faire passer l’éducation à travers l’art.

 

 

Comment voyez-vous Sunu Thiossane dans un futur proche ?

 

Le prochain thème que j’aimerais aborder avec mon équipe est : « le gap entre les riches et les pauvres au Sénégal ». Quand on part à Pikine, Guediawaye, Yeumbeul… ce que les voit n’est que pauvreté. Et juste à coté, il y a ces riches. Les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. 
Ces différents thèmes que nous développons, nous faisons en sorte que les jeunes participants de nos camps se l’approprient. Le jour du spectacle, ils vont le performer devant un public qui va facilement, du coup, s’approprier le thème. 
Je vois Sunu dans quelques années s’épandre à travers le monde. Je le vois intégrer différents établissements qui seront prêts à nous accueillir ; pas seulement les écoles qui ont les moyens financiers, mais les écoles qui ont besoin de Sunu Thiossane. Ici au Sénégal, nous avons une jeunesse tellement talentueuse ! J’aimerais aller dans les quartiers comme Yeumbeul, les régions comme Casamance et leurs octroyer des bourses pour le Summer Camp de Sunu Thiossane. Nous ne voulons pas nous arrêter qu’au Sénégal ; l’objectif est d’être présent partout en Afrique. Un espace et une instabilité où nous pourrions inviter des artistes provenant des quatre coins du monde.

 

Le Dr Massamba Gueye, ancien directeur du théâtre national Daniel Sorano vous a cité sur le Plateau de Yewoulen de la TFM. Qu’avez-vous sentie quand une personne comme Massamba Gueye vous cite et vous encourage ?

 

Je me suis sentie honorée, parce que Docteur Massamba Gueye est un visionnaire. Avec ses différentes conférences, ses parutions livresques, directeur artistique, je le vois comme un model. On partage la même vision, qui est d’utiliser l’art pour l’éducation. C’est notre troisième édition et le fait d’entendre ces mots venant du Dr Massamba Gueye est une validation de ce que nous faisons.

 

Salifus : « Le plus important pour moi est de faire de ce festival un moment de rencontre, partage, échange… »

 

Du 04 au 10 juillet 2016, la première édition du festival B.boyBGirl Africa se tiendra lieu à Dakar. En effet, la capitale sénégalaise sera le carrefour des danseurs Hip Hop africains. L’homme derrière ce grand projet se nomme Salif Traoré. Membre fondateur du mythique groupe de danse X-Trem B.Boys, Salifus s’est donné cors et âme pour mettre en place ce projet.

 

 

Membre fondateur de Xtrems B.boys, Salifus n'est plus a présenter. Depuis quelques années, vous êtes sur votre Projet de festival de Danse Hip Hop. Pouvez-vous nous en dire plus? 


Effectivement, je suis sur le  festival depuis la  création de l'association en 2012. Le Projet a été créé pour les danseurs urbains en Afrique pour leur permettre d'échanger et partager avec le reste du monde.

L'Afrique a besoin d'un Festival de danses urbaines d'envergure et unique en  son  genre.

La motivation de ce projet vient déjà par l'amour de la danse et de l'énergie que tous les danseurs en  Afrique me font passer pour mettre le Festival BBA en  place. Nous sommes en  2016 et on  fera la première édition du  festival, du  4 juillet au  10  juillet  au  Sénégal au niveau du  Terminus liberté 5, au Goethe institut et au Grand théâtre. J’invite tout le monde à venir assister ce grand événement.

 

A part ce projet, vous travaillez sur quoi? 

 

A part ce projet, je  travaille sur la suite du projet qui a pour but de créer des MJC (Maison de jeunesse et de culture) dans les différents pays d'Afrique.

Je travaille avec des compagnies en France comme KAFIG ; ETHADAM; DK-BEL; AFRAW .....Je suis aussi dans l'audiovisuel, les réalisations vidéos, cinématographiques et documentaires. J'ai tellement de projet que je prendrai le temps de les installer petit à petit.

  

La danse en Afrique s’est beaucoup  développée dernièrement grâce aux nouvelles technologies. Quelle est votre analyse sur ce point ? 

 

Mon analyse est personnelle et c'est mon point de vue. La danse se développe par la technologie c'est très vrai, mais on  perd beaucoup en  danse aussi.

La technologie est super et  néfaste en même temps pour la danse. Après cela dépend de  l'utilisation de cette technologie. 

 

Que peut-on attendre de ce festival ? 

 

Le plus important  pour moi  est de  faire de ce festival un moment de  rencontre, partage, échange et  de bonheur pour l'Afrique et tous les autres continents participants.

Donc vous êtes tous invités a  venir danser, échanger au  conférence par rapport a la danse et  mieux connaître cette danse et voir ce que l'Afrique peu  mettre en place.

 

Vos projets ?


Mes projets dans les détails : je dirai  juste pour les gens intéressés par mes projets ou  activités, suivez moi sur :

 

https://www.facebook.com/BBA-Events-456244664579042/?fref=ts

ou

 

https://www.facebook.com/Salifus-Afrohouse-KING-167607706664076/?fref=ts

 

Photographie : Siaka Soppo Traoré

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