ROMZY : « Je suis plus entrepreneur que créateur, pour moi la mode est une industrie… »

« Joli garçon sans produit ghanéen”, Romzy fait partie de cette génération africaine dont la seule ambition est de changer l’image de l’Afrique. Par la mode, le talentueux styliste s’est donné les moyens de parvenir à redorer le blason de l’image de cette belle Afrique. Entretien.

 

Romzy Fashion Designer, Romzy Modele... Qui est Romzy ?

Romzy est un jeune africain d’origine gabonaise, qui depuis 2013 a lancé sa marque de vêtements et accessoires 100% homme pour exprimer son talent et sa passion pour la mode. Je suis plus entrepreneur que créateur, pour moi la mode est une industrie, un potentiel volet économique à exploiter.

 

Récemment vous aviez organisé un défilé de votre marque. Pouvez-vous nous en dire plus ? 

 

Le 07 Mai dernier j’ai organisé la 2ème édition du ROMZY FASHION MEN. C’est un événement que j’ai mis à la base pour promouvoir la mode masculine vu que c’est le domaine dans lequel j’évolue, c’est aussi un tremplin pour faire connaître d’autre jeune créateurs d’ici et d’ailleurs.

Pas facile à organiser vu les coûts que cela engendre et l’absence de soutient des structures adéquates. Mais je peux dire que l’événement prend de plus en plus d’ampleur vu qu’il est connu internationalement.

                                                                    

La mode au Sénégal est très dure, n'empêche quelques designers sortent la tête de l'eau. Comment ça se passe chez vous ?


Je dirais qu’il à été difficile pour moi de me faire une petite place, mais par la grâce de Dieu et le travail j’ai réussi à me créer un nom.

Lorsqu’on fait dans le prêt à porter il est nettement mieux d’avoir une boutique pour rentabiliser, bien qu’étant encore sur la vente en ligne et ayant travaillé en collaboration avec une boutique ici à Dakar, c’est mes ventes à l’extérieur qui m’aident à garder le cap et réaliser ma Fashion Men.

 

Selly Raby Kane a habillé Beyoncé, Fallou dans la campagne de Ralph Lauren, Amy Faye égérie de Balmain... quelle est votre analyse de cette situation ? 

Je pense sincèrement que Dakar regorge de trop de magnifiques talents et potentiels. Mais beaucoup n’ont pas de visibilité, ni de relation qui pourraient leurs permettre d’obtenir facilement du soutien.

Mais quand on a ce que les autres n’ont pas, on finit toujours par sortir du lot. Chacun d’entre eux a une particularité, et si seulement on pouvait se donner la main pour faire valoir ce qu’il y’a de beau dans l’autre, le Sénégal serait d’avantage regardé par les pros et passionné de la mode d’ici et d’ailleurs. Et je suis particulièrement fière d’Aminata (sourire).

Reste que la vraie face de l'iceberg montre une image très compliquée économiquement, quelle est la solution pour développer la mode sénégalaise ?

je pense qu’il faudrait déjà alléger certaines formalités économiquement parlant, à l’exemple de la protection des marques, qui freine beaucoup de jeunes créateurs. C’est pas évident de trouver 400.000 francs pour des jeunes talentueux dont les parents souvent ne soutiennent pas leurs ambitions.

La mode est pour moi une industrie, donc un réel facteur économique. Si le ministère de la culture pouvait d’avantage considérer et mettre en avant cette niche, il pourrait soutenir ce secteur en créant les structures d’accompagnement nécessaires ainsi que tous ce qui pourrait faciliter son développement.

 

Sur quoi travaillez-vous actuellement ? 


Actuellement je travaille sur un autre événement, différent d’un fashion show mais pas loin de là. Et aussi la prochaine édition du ROMZY FASHION MEN et d’autres choses…

Quels sont les projets d'avenir ?

 Ouvrir ma propre boutique à Dakar.

Photographies : Mamery Kouyate, H20 Photography et Siaka Soppo Traore

 

 

 

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