Sundai, Écrivain : “ Je suis une poète et j'écris”

 

Professeure d'Anglais dans une école élémentaire en Californie, Sundai Jhonson est egalement une talenteuse ecrivain. Rencontrée dans le Midcity à Los Angeles, elle a accepté de s’ouvrir à nous. Entretien.

 

Qui etes vous ?

 

Je me presente, Sundai Jhonson. Je suis une poète et j'écris. Je suis également professeur d’Anglais dans un établissement en Californie. J’ecris des poemes et quand le temps me le permet, j'écris de la fiction. La plupart de mes écrits sont basés sur la question d'identité, les différences entre classes sociales... entres autres.

 

Quand je me décide d'écrire sur de la fiction, j’aime bien m’isoler. Actuellement, je travaille sur un projet poétique.

 

Pouvez-vous nous parlez de vos réalisations depuis que vous excellez dans le monde de la littérature ?

 

J’ai commencé à écrire depuis des années, mais c’est récemment que je me suis dit qu’il fallait faire découvrir au monde ma littérature. Quelques de mes ecrits ont ete publies par des magazines en ligne et la majorite sont sur mon site personnel ( ndlr : http://www.suhnde.com ).

 

Vu qu’ également, les choses deviennent sérieuses, je suis en train de travailler sur la reconstruction de mon blog, en vue d’en faire une plateforme participative.  

 

Maintenant, peut-on savoir plus concernant ce projet poetique qui arrive a l’horizon  ?

 

En réalité, c’est un projet qui date des années. Au fait, il s’agit d’un recueil de poèmes sur ma transition et déménagement de Michigan en Californie. C’est les différents commentaires poétiques de mon subconscient s’agissant de ce changement de vie brusque.  Cette fois, je ne veux pas que ca soit virtuelle, mais physique. Je suis vraiment déterminée à mettre cette oeuvre en vie.

 

Ecrire est aussi un art. En se basant sur cette affirmation, peut-on s’attendre un jour Sundai réaliser des films, peindre, faire de la danse contemporaine ?

 

J’ai toujours ete interessee par la collaboration. J’ai beaucoup d’amis dans le milieu des arts. D’ailleurs, ma mere est une artiste plasticienne. Une de mes meilleures amies peint toujours et après m’invite à rédiger un poème rentrant dans la même perspective de son oeuvre.

 

Par ailleurs, je suis obsédée par l'idée d'élargir mon champ de créativité. Je me définie toujours en tant que créative plutôt que d'être canalisée dans un domaine. Je suis aussi hyper attirée par le fashion, la performance. Je suis ouverte à tous les types d’expression artistique.

 

 

Follow her on IG : @sraejo

Ate Aycha : « Au cœur du capitalisme il est important de transmettre des valeurs positives aux générations futures »

 

 

Aissata Bal, plus connue sous le pseudo de Até Aycha est une jeune étudiante en Droit Public. Passionnée en art et se définissant comme une artiste, la jeune demoiselle s’est lancée dans le milieu restreint de commissariat d’expo d’art. Le 31 avril dernier, elle avait organisée une expo avec comme thème Lero  ( Espoir). En effet, de l’espoir, la jeune a en pour sa Mauritanie natale et son Afrique. Entretien.

Vous êtes à l’initiative de l’exposition Lero,  qui avait réunie deux jeunes artistes africains, le mardi 31 avril dernier à l’ancienne gare de Dakar. Pouvez-vous nous parler de ce projet ?

 

Lero Espoir en Yoruba est un projet d’exposition sous le thème de l’espoir. Pour agrandir la force  du message le projet réuni plusieurs disciplines artistique, la musique, la photo etc. Pour la première édition on a mis l’accent sur la photographie car c’est très parlant, l’exposition a réuni un photographe et un artiste rappeur, les photos étaient des images profondes, des portraits des regards et elles portaient  toutes  des  noms particuliers dans différentes langues africaines. Il est important de prôner le changement et pour ça il faut le faire constater. La première édition a marqué l’élan et un after est prévu dans les mois à venir. C’est un projet qui se dévoilera de plusieurs façons et avec des thèmes différents chaque année. C’est une manière aussi d’intégrer le Hip Hop dans différents milieux, car c’est un genre musical intense qui regroupe des jeunes ambitieux avec tes textes remarquables.

 

 

 

Ce fut votre entrée dans le monde restreint des curators. Comment l’aviez vous vécue ?

 

Certes mais je me positionne plus comme artiste, c’est un monde que j’aime beaucoup .Refléter l’art des autres l’art qu’on aime parce qu’on s’y retrouve et qu’on a pour ambition de promouvoir avec beauté. Je suis  surtout écrivaine, à travers ma plume j’écris des projets, je fais part d’initiatives, je regroupe mes pairs, je fais parler mon imagination. Quand je travaille avec des artistes, je travaille avec des collègues, seuls eux connaissent la difficulté de leur art ; je n’aime pas quand l’art contemporain est soumis à l’appréciation de personnes quelconques grâce à une courte formation. Cet art doit être libre. En somme c’est une belle entrée et c’est un métier jeune et complexe que j’exerce en tant qu’artiste.

 

 

 

 

Qu’est ce qui vous a poussé à faire ce projet ?

 

Je m’inspire  bien évidemment de mon environnement quand j’écris ou fais des choses que j’aime et dans nos rues dans notre atmosphère en général il  y a parfois énormément de désespoir, de lassitude en raison des problèmes que nous connaissons tous ; En revanche beaucoup d’espoir s’y trouve car il y’a du potentiel, de l’amour ; je suis convaincue que l’art peut toucher et ouvrir les yeux aux gens. . Au cœur du capitalisme il est important de transmettre des valeurs positives aux générations futures, l’estime de soi, ce sont des choses importantes. Aujourd’hui les jeunes remettent tout le temps en question leur propre personne à cause des stéréotypes et autres. Mais Lero s’adresse à toutes les générations à tous les africains. J’ai de l’espoir pour eux, il y a du travail  à accomplir j’espère le faire comprendre et l’entamer avec ce projet.

 

 

 

Vous êtes de la Mauritanie. Comment se porte l’art par rapport au Sénégal ?

Moins actif par rapport au Sénégal. Mon projet a été d’ailleurs parrainé par mon ambassade. Nous voulons  à travers cet initiative embellir l’art de ces deux pays frères. Pour le moment la promotion de l’art s’avère difficile dans mon pays , mais j’ai de l’espoir quand je vois des gens comme Mariemmint Derwich , David Corera , Oumar Ball , Bechir Malum. Notre diversité culturelle fait la beauté de notre pays  et peut faire un grand sujet d’art et changer les choses …

 

 

Parlez nous de votre personne. Vos études, vos inspirations, votre enfance… ?

Au Sénégal, ’ai entamé des études de droit, et je me suis spécialisé en droit public j’aime beaucoup les relations entre Etats, c’est intéressant  pour moi vrai que j’ai essayé de me former en art de gauche à droite. Une juriste qui fait de l’art, c’est assez rare et ce n’est pas très facile pour moi.  Artistiquement je lis mon environnement et juridiquement je le protègerai surement. J’ai eu une enfance très africaine grâce à mon père qui voyageait beaucoup .J’ai été élevée dans un environnement très Hal Pulhar ( ndlr : une ethnie africaine ) , dans une famille maraboutique originaire du Sud  de la Mauritanie et de Boode Laao au Nord du Sénégal ,on m’a inculquées beaucoup de choses pendant mon enfance mais mes parents l’ont fait avec ouverture d’esprit . Chez nous l’art est un besoin, mes parents aiment beaucoup la culture en général, mon père est un juriste passionné d’art.  Je suis inspirée par ce que je vois, par ma propre personne par ceux que je rencontre. J’essaye de faire des choses que j’aime et de les faire comprendre.

 

 

Quels sont les projets à venir ?

J’ai beaucoup de projets pour le futur.  J’essaye de les sérier comme je peux. J’ai pris l’initiative de faire Lero chaque année avec différents artistes du continent, avec des thèmes  qui sensibilisent et qui  aideront à lutter  contre des choses négatives, qui prônent l’espoir et l’unité. Parallèlement, j’ai des œuvres en attente que j’aimerai finir et partager. J’ai rencontré des artistes épatants ces dernières années , Bizenga , Alun Be , Djibril Dramé , ElzoJamdong , Didier Awadi , le Producteur Romain Bilharz , le commissaire d’exposition et galeriste  Igo Diarra, le compositeur Sidy Talla et j’en oublie certainement ,  des personnes profondes et humbles avec lesquels  je voudrais travailler d’avantage .

 

 

 

 

 

 

Diamil Ciss : « Je parle d'amour, sous toutes ses coutures »

Diamil Ciss ou le dernier poète sérère ! Sa voix si particulière, son écrit tantôt sérieux, tantôt  hyper profond, Diamil est sans doute l’un des poètes les plus respectés de la scène dakaroise. Entretien.

Diamil Ciss, vous avez sorti récemment votre second recueil de poèmes intitulé « Art de déclamation massive ». Pourquoi un tel titre ? 

 

ADM, à la base, est un acronyme qui signifie arme de destruction massive. Et quand j'ai vu la photo d'un char de combat transformé en bibliothèque et, nommé Arme d'instruction massive, j'ai trouvé cette idée géniale de transformer un mal en bien. Mais comme le mot arme gênait certaines personnes, on a dû trouver Art de Déclamation Massive qui, définit exactement le slam.

 

Quels sont les thèmes abordés dans cet ouvrage ? 

Ils sont aussi divers que variés. Je parle d'amour, sous toutes ses coutures, j'y aborde l'écologie, les enfants de la rue, les réfugiés. Je parle de ma société et de ma vision de cette chose qu'est la vie.

 

Diamil et le slam ? 

Une rencontre que rien ne prédisait, une lueur devenue lumière, un amour à la fois souple et fougueux. Une révélation et sans nulle doute, une élévation à la fois souffrance et jouissance. 

 

Au cours de ces dernières années, quelles ont été les activités qui vous ont le plus marquées ? Voyages, spectacles, rencontres ? 

Il y en a beaucoup. D'abord le Vendredi slam. Je peux citer la scène IN du festival de jazz de  Saint Louis à deux reprises, le Prytanée militaire, le Grand théâtre à deux reprises, Spier poetry festival de Cape Town avec mon frère Jabir, quatre ou cinq Grande Nuit du Slam à l'Institut Français entre autres.

On a eu à animer aussi des ateliers de slam au Goethe Institut et aussi dans plusieurs lycées de Dakar. Je citerai aussi la rencontre avec Grand Corps Malade lors de sa venue à Dakar en 2013.

J'ai rencontré aussi des gens hyper merveilleux que j'aurais eu du mal à croiser, autrement que par le billet du slam

 


Pour plus d’infos :

 

Diamil MC

www.diamilmc.com

 

 

Ina : « Urban Women Week consiste à travailler sur l’investissement des femmes… »

Administratrice du centre de documentation en hip hop et cultures urbaines, niché au sein de l’Association Africulturban, photographe, vidéaste, activiste culturel…Ina Ndeye Fatou Thiam n’est plus à présenter. Initiatrice du Women Urban Week « consistant à travailler sur l’investissement des femmes au sein des cultures urbaines vers l’expression, la visibilité et la prise de responsabilités dans l’espace public », Ina nous a accordé cet entretien afin qu’on sache plus. Entretien avec une dame de fer.

Ina Ndeye Fatou Thiam, vous faites partie aujourd’hui des rares femmes dans le mouvement Hip Hop. Comment vivez-vous d’abord cette position ?

Cette position je la vis chaque jour comme si c’était le dernier. Je m’amuse, chaque jour je rencontre de nouvelles personnes et j’apprends de nouvelles choses qui m’aident beaucoup. Et pour embellir tout cela je sais que je sers d’exemple à d’autres.

 

Depuis quelques années vous avez lancé le projet Urban Women Week avec votre association Africulturban. A quoi consiste ce projet ?

Urban Women Week consiste à travailler sur l’investissement des femmes au sein des cultures urbaines vers l’expression, la visibilité et la prise de responsabilités dans l’espace public.

 

Un bilan de la précédente édition ?

L’édition précédente était une satisfaction. On a fait nos ateliers de leadership comme on le voulait avec 12 filles. Comme formatrice il y’avait Ken Aicha Sy, Gacirah Diagne, Mariama Touré et Aissatou Padan.

Ensuite il y’avait la compétition de danse « Fé’Nomen Battle », qui a été animée par l’association Danse Fé, ainsi qu’une projection de film « Qu’elle femme ? », suivi d’un panel animé par Maxi Crazy et un showcase à la fin avec Dj Zeyna, Daba Makourejah et Gotal.

Au centre Blaise Senghor, Zeinixx avait aussi réalisé un graffiti en live, avec le soutien de l’Institut Panos.

 

Quelles sont les activités retenues pour cette édition ?

Pour cette édition on maintient les ateliers de leadership et d’entrepreneuriat féminin du 29 février au 06 mars 2016 avec Karima Grant, Mborika Fall et Marjolaine Blanc.

Le 06 mars, c’est le jour du cypher qu’on organise pour la première fois en collaboration avec Dakar Sunday Cypher et Dadji Mic.  

Le 07 mars, journée shooting photo avec Sandy Haessner, Elise Fitte-Duval, Ma Loucard, Gnagna, Malyka Diagana et moi Ina.

L’idée c’est de donner l’opportunité d’avoir des photos pro aux artistes qui n’ont pas toujours l’occasion d’avoir de bonnes images pour leur communication. 

Le 08 mars, pour la première fois aussi le sport est dans le programme particulièrement le basket. Il y’aura un rap’attak, DU BASKET + DANSE HIP HOP ET SHOW DJ

 

Aujourd’hui, de plus en plus il est noté de voir des dames dans le mouvement Hip Hop. Des femmes comme Malyka Diagana, Gacirah Diagne, Ken Aicha Sy…Et une qui vous êtes très proche, Fatou Kandé Senghor. Quelle est votre relation et qu’est ce qu’elle représente pour vous ?

Fatou Kandé Senghor, on a dépassé le stade de professeur, d’idole… elle est comme une mère pour moi. J’en dirai pas plus, « yay la ci mane ».

Malyka, je l’ai connu en 2012 dans un atelier d’audiovisuel mais depuis on partage beaucoup de choses, on ne se sépare plus.

Ken Aicha, comme Malyka et Fatou est une personne qui m’inspire et quand tu cherches un exemple type de femmes qui se battent et bien elles sont là. Et il y’en a beaucoup d’autres comme Aida Camara qui fait partie des femmes qui m’inspirent le plus de part son dévouement et sa conviction d’être celle qui doit faire marcher les choses.

Photographie : Malyka Diagana

Thierno Souleymane Diop Niang : « Sur le chemin, il y aura des « dream killers » ; souvent des gens qui te sont proches »

A peine 28 ans, Thierno Souleymane Diop Niang en est déjà à son second ouvrage. Sanglé dans une belle chemise blanche de Nio Far et un pantalon bleu, il est passé nous voir le samedi 18 avril dernier. Entretien.

 

Thierno Niang se considère comme étant un poète, un essayiste, un écrivain… ?

 

Je suis un auteur, j’écris des livres et j’investis les genres selon mes sensations.

 

Donc, on peut dire que Thierno Niang est un généraliste ?

 

Eh bien, c’est un auteur ! C’est quelqu’un qui écrit de la poésie, qui écrit des essais, qui pense un jour écrire un roman…

 

Vous en êtes à votre deuxième ouvrage. Le premier, Lumière de la Renaissance qui a été bien consommé par les Sénégalais. Vous aviez été invité dans plusieurs plateformes pour débattre sur cet ouvrage. Aujourd’hui, vous avez sorti un essai, qui est intitulé « Assumons notre temps, ma génération rêve Africain ». Comment êtes-vous parvenu à sortir ce second ouvrage. Aviez-vous sacrifié des choses pour y arriver ?

 

Ce n’était pas du tout facile, parce que c’est un essai : des idées , il faut réfléchir, savoir ce que l’on dit. Il faut être précis . Donc, après la sortie de mon premier livre en 2012, comme vous l’avez souligné j’ai eu à participer à beaucoup de plateformes, à échanger avec des jeunes, à rencontrer des personnalités. Au sortir de ces expériences, j’ai voulu condenser tout cela pour proposer des solutions concrètes ; et ne plus se limiter juste à la contestation. Et cela a donné cet ouvrage :« Assumons notre temps, ma génération rêve Africain ».

 

Vous avez travaillé avec qui pour écrire ce livre ?

 

(Il rigole). J’ai travaillé seul, mais bon ! J’ai eu la chance de rencontrer des jeunes dynamiques comme toi, comme d’autres dans les cultures urbaines ou dans d’autres domaines. Ils sont nombreux ces jeunes dans ce pays, dans ce continent qui m’ont inspiré, avec qui j’ai échangé, j’ai parlé…Et le message fondamental de livre, c’est un message d’espoir. Il faut le faire : Assumons notre temps et rêvons !

 

Au-delà de ce rêve, que voulez-vous dire à cette jeune génération, qui n’est pas forcément de votre génération, qui est beaucoup plus jeune que la vôtre, qui préfère utilisée internet de la manière la plus insignifiante et organise des soirées « Bombass » ?

 

Ne me mets pas en mal avec cette génération ! Mais écoute, je pense que le web, c’est quelque chose de super. C’est une chance aujourd’hui d’avoir la possibilité de se connecter avec des milliers de jeunes. La grande question est de savoir qu’est-ce qu’il faut faire sur internet ? Pour moi, il faut faire des choses utiles . Certes on est des jeunes, il faut se divertir, mais il faut rester focus. L’essentiel aujourd’hui c’est de faire que ce continent se développe, de faire en sorte de s’épanouir économiquement et culturellement sur ce continent. Et donc le web peut nous aider à cela. Il ne faut pas se limiter au cote divertissant du web. Il faut utiliser internet à bon escient,au service de l’éducation, utiliser internet pour faire des rencontres utiles. Je n’aime pas trop donner des conseils, parce que je ne suis pas un donneur de leçons. Je donne juste mon avis !

 

Aujourd’hui, il est rare de voir des productions faites par des jeunes sortir au Sénégal. A votre avis, quelles sont les raisons pour lesquelles on ne voit pas assez de productions littéraires venant de la jeunesse sénégalaise ?

 

Je m’en réjouis en 2012, j’ai été peut être le cobaye quelque part. Quand je sortais mon premier ouvrage, j’avais 24 ans. J’ai peut-être été l’un des premiers jeunes à aller devant de la scène. Je pense que cela a été quelque part positif. C’est pourquoi aujourd’hui quand je vois beaucoup d’autres qui se produisent, cela me fait énormément plaisir. Il y a des amis comme Cheikh Abdoul Khadre Djily, Marcus, Ndeye Fatou Kane, Steve, Mbougar…. Je pense que si vous avez de bonnes idées et vous savez de quoi vous parlez, il n y a plus qu’à foncer.

 

Il est vrai qu’il ne faut pas attendre des autorités, mais elles ont leur devoir. A votre avis, est ce que ces autorités sénégalaises sont conscientes ?

 

Je pense qu’il n y a pas encore eue une véritable politique culturelle. Je ne sais pas pourquoi ? Et pourtant, je rencontre beaucoup de gens qui ont compris l’enjeu de la culture comme fondement. La culture est importante quand on veut développer un pays. Le Président Léopold Sédar Senghor disait que la Culture est à la base et à la fin de tout processus de développement. Maintenant au Sénégal, malheureusement on nous dit que la Culture est le parent pauvre. Il n y a pas de budget à la Culture. Pour moi, ceci n’est pas un argument. Il faut faire en sorte de trouver des moyens pour ces milliers de jeunes. Aujourd’hui dans les cultures urbaines il y a des jeunes qui n’attendent plus les autorités. Il faut utiliser la culture comme moyen d’expansion. Hier, la Culture c’était pour dénoncer, pour condamner, pour contester. Aujourd’hui, la Culture urbaine s’est mue en économie créative. Tu verras des jeunes comme El Hadji MalickBadji avec sa ligne d’habillement Nio Far, Skillzography, Gadaay, Seraka , Ken Aicha, Disscrimination, Art Of Papi, Amadou Fall Bâ…Tous ces jeunes sont des entrepreneurs qui ajoutent de la valeur . Voilà la voie à prendre pour moi, pour apporter des devises et créer de l’emploi.

 

Dans cet ouvrage, il y a un grand homme, le deuxième Président de la République du Sénégal Abdou Diouf. Comment avez-vous fait pour recevoir la préface de Monsieur Diouf ?

 

Il m’a fait cet honneur et cela m’a fait énormément plaisir. Et cette préface très sincèrement crédibilise le livre. Etant jeune, recevoir la préface venant du Président Diouf, c’est très bien. Ecoute, je vais te raconter une confidence que je n’ai dite à personne. Mon homonyme Thierno Souleymane Diop Senior est l’ancien instituteur de Abdou Diouf. C’est grâce à lui que Abdou Diouf a passé son bac. Le Président Diouf le dit souvent : « j’étais malade à Saint Louis et le professeur Thierno Souleymane Niang est venu me chercher avec sa voiture ». Il y a 30 voire 40 ou plus. Quand j’ai finis mon livre, je suis allé voir mon homonyme. Je lui dit que je voudrais que le Président Abdou Diouf préface mon livre. Il m’a dit il faut lui écrire, s’il est d’accord c’est bon, s’il n’est pas c’est que ton livre ne mérite pas sa préface. Quand il m’a répondu depuis je suis réconforté. Parce que je crois au mérite et le Président m’a montré la voie.

 

C’est le message du livre ?

 

Absolument ! Je suis opiniâtre, je suis un rêveur ; il y a deux ans j’ai pensé à plusieurs personnalités et c’était lui mon choix. Ce n’est pas du tout facile. Sur le chemin, il y aura des « dream killers » ; souvent des gens qui te sont proches. Ils vont te dire que tu rêves, ce n’est pas possible. Aujourd’hui, j’ai 28 ans, j’ai deux livres, un recueil de poèmes très bien accueilli par la critique, un autre essai qui est aussi bien accueilli par la critique. Ecoute : « soufi yamon sax mou néxx » ! Alhamoulilahi, je suis très fier de ça.

 

On va parler de l’aspect commercial du livre. A combien est commercialisé ce livre et quels sont les lieux où on pourrait l’acheter ?

 

Le livre est disponible à la Librairie Athéna à la place du souvenir, Harmattan sur la VDN, aux Quatre vents. Il est vendu à 10.000 F cfa.

 

Vous disiez tout à l’heure que vous êtes un rêveur, vous rêvez constamment. Quel est le prochain rêve de ThiernoNiang ?

 

Je ne sais vraiment pas. En tout cas, là je fais la promotion du livre. On va organiser des leadership talks. Je suis dans une association appelée YCL. En mai prochain, on reçoit des amis dans le cadre d’un projet qui s’appelle Bulding bridges. Ils viennent des Etats Unis. Un projet parrainé par Ban ki-Moon et par beaucoup d’organismes à travers le monde.

Crédit Photo : Siaka Soppo Traoré

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