Ate Aycha : « Au cœur du capitalisme il est important de transmettre des valeurs positives aux générations futures »

 

 

Aissata Bal, plus connue sous le pseudo de Até Aycha est une jeune étudiante en Droit Public. Passionnée en art et se définissant comme une artiste, la jeune demoiselle s’est lancée dans le milieu restreint de commissariat d’expo d’art. Le 31 avril dernier, elle avait organisée une expo avec comme thème Lero  ( Espoir). En effet, de l’espoir, la jeune a en pour sa Mauritanie natale et son Afrique. Entretien.

Vous êtes à l’initiative de l’exposition Lero,  qui avait réunie deux jeunes artistes africains, le mardi 31 avril dernier à l’ancienne gare de Dakar. Pouvez-vous nous parler de ce projet ?

 

Lero Espoir en Yoruba est un projet d’exposition sous le thème de l’espoir. Pour agrandir la force  du message le projet réuni plusieurs disciplines artistique, la musique, la photo etc. Pour la première édition on a mis l’accent sur la photographie car c’est très parlant, l’exposition a réuni un photographe et un artiste rappeur, les photos étaient des images profondes, des portraits des regards et elles portaient  toutes  des  noms particuliers dans différentes langues africaines. Il est important de prôner le changement et pour ça il faut le faire constater. La première édition a marqué l’élan et un after est prévu dans les mois à venir. C’est un projet qui se dévoilera de plusieurs façons et avec des thèmes différents chaque année. C’est une manière aussi d’intégrer le Hip Hop dans différents milieux, car c’est un genre musical intense qui regroupe des jeunes ambitieux avec tes textes remarquables.

 

 

 

Ce fut votre entrée dans le monde restreint des curators. Comment l’aviez vous vécue ?

 

Certes mais je me positionne plus comme artiste, c’est un monde que j’aime beaucoup .Refléter l’art des autres l’art qu’on aime parce qu’on s’y retrouve et qu’on a pour ambition de promouvoir avec beauté. Je suis  surtout écrivaine, à travers ma plume j’écris des projets, je fais part d’initiatives, je regroupe mes pairs, je fais parler mon imagination. Quand je travaille avec des artistes, je travaille avec des collègues, seuls eux connaissent la difficulté de leur art ; je n’aime pas quand l’art contemporain est soumis à l’appréciation de personnes quelconques grâce à une courte formation. Cet art doit être libre. En somme c’est une belle entrée et c’est un métier jeune et complexe que j’exerce en tant qu’artiste.

 

 

 

 

Qu’est ce qui vous a poussé à faire ce projet ?

 

Je m’inspire  bien évidemment de mon environnement quand j’écris ou fais des choses que j’aime et dans nos rues dans notre atmosphère en général il  y a parfois énormément de désespoir, de lassitude en raison des problèmes que nous connaissons tous ; En revanche beaucoup d’espoir s’y trouve car il y’a du potentiel, de l’amour ; je suis convaincue que l’art peut toucher et ouvrir les yeux aux gens. . Au cœur du capitalisme il est important de transmettre des valeurs positives aux générations futures, l’estime de soi, ce sont des choses importantes. Aujourd’hui les jeunes remettent tout le temps en question leur propre personne à cause des stéréotypes et autres. Mais Lero s’adresse à toutes les générations à tous les africains. J’ai de l’espoir pour eux, il y a du travail  à accomplir j’espère le faire comprendre et l’entamer avec ce projet.

 

 

 

Vous êtes de la Mauritanie. Comment se porte l’art par rapport au Sénégal ?

Moins actif par rapport au Sénégal. Mon projet a été d’ailleurs parrainé par mon ambassade. Nous voulons  à travers cet initiative embellir l’art de ces deux pays frères. Pour le moment la promotion de l’art s’avère difficile dans mon pays , mais j’ai de l’espoir quand je vois des gens comme Mariemmint Derwich , David Corera , Oumar Ball , Bechir Malum. Notre diversité culturelle fait la beauté de notre pays  et peut faire un grand sujet d’art et changer les choses …

 

 

Parlez nous de votre personne. Vos études, vos inspirations, votre enfance… ?

Au Sénégal, ’ai entamé des études de droit, et je me suis spécialisé en droit public j’aime beaucoup les relations entre Etats, c’est intéressant  pour moi vrai que j’ai essayé de me former en art de gauche à droite. Une juriste qui fait de l’art, c’est assez rare et ce n’est pas très facile pour moi.  Artistiquement je lis mon environnement et juridiquement je le protègerai surement. J’ai eu une enfance très africaine grâce à mon père qui voyageait beaucoup .J’ai été élevée dans un environnement très Hal Pulhar ( ndlr : une ethnie africaine ) , dans une famille maraboutique originaire du Sud  de la Mauritanie et de Boode Laao au Nord du Sénégal ,on m’a inculquées beaucoup de choses pendant mon enfance mais mes parents l’ont fait avec ouverture d’esprit . Chez nous l’art est un besoin, mes parents aiment beaucoup la culture en général, mon père est un juriste passionné d’art.  Je suis inspirée par ce que je vois, par ma propre personne par ceux que je rencontre. J’essaye de faire des choses que j’aime et de les faire comprendre.

 

 

Quels sont les projets à venir ?

J’ai beaucoup de projets pour le futur.  J’essaye de les sérier comme je peux. J’ai pris l’initiative de faire Lero chaque année avec différents artistes du continent, avec des thèmes  qui sensibilisent et qui  aideront à lutter  contre des choses négatives, qui prônent l’espoir et l’unité. Parallèlement, j’ai des œuvres en attente que j’aimerai finir et partager. J’ai rencontré des artistes épatants ces dernières années , Bizenga , Alun Be , Djibril Dramé , ElzoJamdong , Didier Awadi , le Producteur Romain Bilharz , le commissaire d’exposition et galeriste  Igo Diarra, le compositeur Sidy Talla et j’en oublie certainement ,  des personnes profondes et humbles avec lesquels  je voudrais travailler d’avantage .

 

 

 

 

 

 

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