Deinis Nickz : “ This song is supposed to inspire and be a positive companion”

 Deinis Nickz : “ his song is supposed to inspire and be a positive companion”

  33 years old rapper from Freiburg Im Breisgau, Nickz just released a video clip with the Senegalese rapper, PPS the Writah.

 

Deinis Nickz, you are a rapper from Germany. Can you tell us about yourself?



Ok I'm from Freiburg The southernmost city in germany. I love my home and the black forest. With rap I am now busy since 96. In the beginning we have made only freestyle, hang around, and have fun.When I was about twenty I already had a studio with my first crew. At that time, we just made battlerap and disses each other. Later came the first more thoughtful things. Nowadays I think that every artist has a certain responsibility. I think battlerap is still cool but now just think more about what I transport for a message. At the moment It is only about consumption who has the biggest one chains, bitches,,guns, the hardest drugs, the best car, the nicest video. The essential thing it is in the hip hop goes in forgetfulness. But I am positive and am glad at the point where I arrived today. I can make the music as I want it and it is heard. Something nicer there is not

 

You recently dropped a video with the Senegalese rapper PPS. How this collab happen ?


Ha ha, I was then local support on the Real talk tour 2012. In the location there was a journalist from Senegal Djibril Drame an exhibition that also documented the concert. I later had an interview with him and he said he published this in senegal in his report on the German hiphop culture. Somehow I had then contact him through facebook. I'm a guy who likes to make features, and I mean if he knows a Senegalese rapper. Then wrote me one day pps and shortly afterwards came the first song. Who liked us so well that we decided to found a crew and make more music together. The borderbreakers.

 

Can you tell us more about this track ?


In the song it is about the fact that everyone must go his own way. And even if it is stony you should not lose your courage.You should not be afraid of the tasks the life has. Go to the things and do it. This song is supposed to inspire and be a positive companion.Faith and trust.

 

What's the future look like for your art ?


To be honest, I do not mind. If I want I can go to the studio since I can not live from the music but I have to go to work. It is therefore rather a temporal problem. But when I hear a good beat and in mood I write also. Not so much as before, but I have prepared a lot. I have created a new label (Fairway Mindment) with Skilla-P. There will be new things, solotracks and feats and am also ready to work on new borderbreakers tracks.


The video link : https://www.youtube.com/watch?v=S3l2O3jZcp0

COMMUNIQUE

Suite aux différentes informations parues dans la presse, Scènégal Ethic se réserve un droit de réponse dans l’affaire l’opposant à l’artiste Maréma, afin d’apporter son point de vue sur cette affaire.

Pour rappel, l’artiste Marema a eu à bénéficier de l’expertise et du réseau de Scènégal Ethic, durant 2 ans, à la suite d’une signature d’un contrat de management et gestion de carrière en bonne et due forme.

Scènégal Ethic n’a lésiné sur aucun moyen et stratégie pour développer sa carrière, révélant ainsi son talent au grand public.

Malheureusement à la suite de l’obtention du Prix découvertes RFI dont le mérite revient certes au talent de l’artiste, de la presse, et de ses fans, l’artiste Maréma a refusé abusivement que Scènégal Ethic (malgré tout le travail abattu dans l’ombre) perçoive sa commission sur les prestations données au Sénégal, celles de la tournée africaine, et la récompense financière alliée à la distinction décernée...

Tout de même pour préserver les bonnes relations entretenues jusque là, Scènégal Ethic a tenté de faire entendre raison à l’artiste Maréma, en vain, l’invitant à respecter les clauses du contrat.

Lasse, après évaluation du préjudice d’au moins 12.000€ soit 7.871.484 Fcfa, Scènégal Ethic s’est réservé le droit de retenir le cachet de sa tournée européenne managée par ses équipes, tout en prenant le soin de s’acquitter des rémunérations des musiciens.

A ce propos, l’avocat de Scènégal Ethic, Jean-Christophe Lardinois, a précisé : La rétention du cachet de Marema est une application particulière de l’exception d’inexécution qui constitue un principe général de droit selon lequel chacune des parties a un contrat synallagmatique peut suspendre l’exécution de son obligation et retenir ses propres prestations aussi longtemps que son cocontractant reste en défaut d’effectuer les siennes, sans qu’aucune autorisation judiciaire ne soit requise.

Afin de vider cette affaire, un jugement condamnant l’artiste Maréma à payer 28.490,93€ soit 18.688.824 Fcfa pour dommages et intérêts à Scènégal Ethic, a été prononcé suite à une procédure judiciaire lancée en Belgique conformément au contrat.

En ce qui concerne, celle requise par Maréma au Sénégal, Scènégal Ethic reste sereine quant à l’issue du jugement.

Ci-joint copie du jugement et communiqué signé.

Yaguemar : “Ça parle de nous les êtres humains, nous les premiers immigrés sur terre, nous les gens sincères...)

 

Artiste rappeur vivant en Espagne depuis 2006, Yaguemar nous revient avec son premier album. Il nous en parle ici dans cet entretien.

 

Yaguemar, vous êtes un rappeur sénégalais établi en Espagne. Vous préparez un album international. Pouvez vous nous en parler ?

Oui je prépare la sortie de mon premier álbum international, d'ailleurs il va s'intituler Clan’Destin. J’ai eu la chance de continuer ma musique quand je suis arrivé en Espagne en 2006. Ça n’a pas été facile au debut, et il fallait que je me régularise, avoir des papiers, brefs les obstacles…
Et surtout c’est ce qui m’a inspiré à l’heure de mettre en pratique le projet de l’album Clan’destin.
Ça parle de nous les êtres humains, nous les premiers immigrés sur terre, nous les gens sincères, nous les gens nobles, nous les gens qui se transforment et font du mal à quelqu’un d’autre, bref ça parle surtout de la vie quotidienne des immigrés à l'extérieur, les difficultés que nous rencontrons au Sénégal pour laisser nos pays et venir à l'étranger ..etc
Je veux  raconter la réalité et j’aime raconter des choses que j’ai vécu.

Comment s'est passée la réalisation de cette production, a-t-elle a été plus facile que les précédentes ?

Je remercie le bon Dieu, j’ai eu la volonté et l’aide de mes frères et soeurs dans le monde afin de réaliser ce projet. Je suis content de travailler sur des projets précédents comme ‘’Mount Zion Still Alive’’ en 2013 jusqu'en 2015.
Alors c’est au mois de Janvier passé que je me suis mis à travailler sur le projet. Je remercie le Studio Urban Roots Productions, ceux  qui ont fait l’album, prises de voix mastering…etc

Pour la promotion qu'est qui a été prévue ?

Donc la sortie est prévue le 12 Décembre sur les plateformes comme iTunes, Spotify, Souncloud, Revernation, youtube et d’autres.
Là j’ai commencé des séances de performances trois ou quatres fois dans la semaine et chanter dans la rue, ou dans les métros, et vraiment ça m’aide à faire connaître ma musique et de rencontrer d’autres gens.
J’ai prévu des promotions au Sénégal d’ailleurs y’a presque 9 titres en Wolof et les autres en français, en anglais et en espagnol.

Quelle est la perception du public pour la musique étrangère, en particulier du rap sénégalais?

‘’Ohh mucho flow mucho flow’’ c’est ce que disent souvent les gens quand ils te voient rapper ou chanter, y’a des chansons qu’ils comprennent et celles qu’ils ne comprennent pas ils me demandent souvent de leur traduire. Et vraiment sur ça j’ai appris que tout ce qui vient du coeur touche au fond. Defois on peut sentir les paroles d’une chanson que l’on ne comprends pas et rapidement ça peut créer une communication entre des individus.

Les projets à venir ?


J’aimerais bien terminer un maxi de 8 titres et je suis en train de travailler sur ce projet de collaboration avec d’autres artistes dans le monde. Il y’a beaucoup de choses à faire, la musique est notre passion. On est en train de travailler.. le meilleur reste à venir.

 
 

Photo : Alex Marchand

Follow him on : @yaguemar

Roc Nation Artist, Young Paris first time in Cali

New York based French-Congolese rapper Young Paris is the latest addition to Roc Nation label.

Last week end he was invited in Los Angeles to perform for the launch party of the clothing line called “Uniform” in Beverly Hills. One of a large products of the entrepreneur Chid Liberty, Uniform propose classic and casual clothes for “cool people”.To mark his first time in Cali he decided to shoot a video.Girls get ready for this upcoming video. Girls polish your twerk, because this song gonna make you move. And boys if you have optic issues, buy you new shades.

Infos :
@YoungParis
@shopuniform
Article and Photos Djibril Drame @gadaay 

A la rencontre d’un duo gagnant : Ibaaku et Julie

 

La scene dakaroise connaît bien Staz a travers le groupe de rap LZ3.  Aujourd’hui, si Ibaaku est connu de la scene musicale internationale, c’est notamment grace au travail inconditionnel de Julie Poncelet. La jeune dame s’occupe de la carriere de l’artiste et l’a completement fait exploser. Entretien avec Julie et Ibaaku.   

 

Julie, vous êtes la manager d'Ibaaku. Récemment, vous aviez fais une tournée européenne. Quelle a été la perception du public européen concernant votre artiste ?  

 

Julie :Bonjour Djibril, tout d'abord, merci pour cette interview et votre intérêt pour le projet de l'artiste Ibaaku. La tournée européenne a été pleine de surprises. Ibaaku a le don de tenir son public en transe hypnotique tout au long de son show.  Le public a été conquis par l'artiste et son originalité mais également les médias et les professionnels. C'est ainsi qu'après le label Akwaaba Music, l'agence française Ginger Sounds nous a rejoint pour le management européen suivi de l'agence Dunose productions pour le booking en France. Il faut dire qu'Ibaaku débarque sur la scène internationale avec un projet totalement innovant et un look décapant ! 

 

 

Ibaaku, comment avez vécu votre première tournée européenne en solo ?

 

Ibaaku : Ce fut une expérience intéressante. L’occasion de nouvelles rencontres. Apprendre encore plus sur le métier d’artiste, de dj plus précisément. Découvrir la scène électronique. Et aussi montrer le nouveau visage de l’Afrique à travers ma musique.

 

Actuellement, Julie et Ibaaku vous êtes en Ouganda. Est ce le début d'une tournée africaine ?

 

Julie : Nous sommes en Ouganda dans le cadre du festival Nyege Nyege qui se déroule à Jinja à deux heures de route de la capitale. Ce séjour est également une belle opportunité pour rencontrer des promoteurs des pays voisins dont le Kenya. Une tournée africaine est un projet à moyen terme.

 

Julie, quelle est la prochaine destination après Ouganda et a quand la tournée américaine ?

 

Julie : La prochaine destination est le Maroc dans le cadre du salon Visa for Music où Ibaaku assurera un showcase devant un public essentiellement composé de promoteurs. Ensuite, Une tournée américaine nécessite des fonds importants afin d'assurer la charge administrative coûteuse obligatoire pour pouvoir travailler sur le sol américain. Nous attendons que le moment soit opportun.

 

Ibaaku, au cours de la tournée européenne , quelle étape vous a le plus marqué ?

Ibaaku : Chaque étape fut une belle expérience . Mais je dois avouer que les shows à Paris pour le festival Black(s)ToTheFuture et au LSD m’ont beaucoup marqués. Le soutien des artistes et de la communauté culturelle sénégalaise qui sont passé me big up le jour du concert. Ca m’a énormément touché. Much love à Moustapha Naham, Mao Sidibé , Nix , Yoro ,Daba Makourejah, Tie Lpm,Babacar Jewelers . Il y avait vraiment une ambiance de famille avec la présence de quelques membres de mon collectif dakarois Les Petites Pierres Erwan Look le rouge, J.b Joire, Belbh le scienceur , ainsi que des amis de longues dates.

La communauté artistique Parisienne aussi m’a donnée beaucoup d’amour. Des monstres sacres tel que Keziah Jones , ou le fashion designer marocain Amine Bedrouich par exemple sont venu me soutenir . Toutes ces énergies m’ont vraiment boostés.

 

Ibaaku, travaillez-vous sur un projet à court terme ? Et quels sont les projets à long termes ?

 

Ibaaku :A court terme l’album Alien Cartoon se doit d’être bien défendu sur scène. C'est pourquoi, je serai en résidence artistique durant une semaine à l'Institut Français de Dakar en novembre afin de perfectionner le show. Cette résidence se terminera par un concert le 26 novembre, toujours à l'Institut Français. Je pourrai ainsi présenter mon nouveau spectacle, accompagné de danseurs et percussionniste, au public dakarois en avant-première. L'album sortira en fin d'année en France à l'occasion de ma participation aux Trans Musicales de Rennes. Et enfin, j'ai été sélectionné pour un showcase au Salon Visa For Music à Rabat au Maroc en novembre. Nous travaillons pour que le projet continue à se développer. 

A long terme le second projet de mon band I-Science avec Cori est en gestation aussi.

Un tout tout grand merci Djibril ! 

Photographies : Jean Baptiste Joire et Julie Poncelet

 Plus d'infos sur l'artiste, veuillez visiter ses differentes plateformes :

https://www.facebook.com/Ibaaku/?fref=ts

http://scenegalethic.com/main/ibaaku/

https://www.youtube.com/watch?v=XBdBPiRywIA

https://www.youtube.com/watch?v=RpI2YfRbyfs

https://www.instagram.com/ibaaku/

Mamy Cruz nous révèle son nouveau single « Bamba »

 

Présentation ?

Je m’appelle Marième Touré de mon vrai nom et Mamy Cruz pseudo d’artiste. Je suis auteur-compositeur et guitariste. J’ai 24ans et j’habite à Keur Massar ( ndlr : un quartier dans la capitale sénégalaise en allant vers Rufisque).

Votre carrière musicale ?

J’ai débuté la musique  très jeune, à l’époque c’était juste par passion, mais avec la motivation de ma famille et certains de mes ami(es)c’est là que je commencé à prendre la musique au sérieux… et depuis je  m’intéresse vraiment dessus. Comme tous  les jeunes artistes, j’ai commencé par les cover. J’ai fait du Maria Carrey, Akon, Singila, Carlou D et pas mal d’artistes que je partage sur mon profil facebook. Les gens apprécient et  je reçois beaucoup de messages d’encouragement d’ici et d’ailleurs. En 2010, un de mes oncles ELIDIA  m’a conseillé d’apprendre à jouer un instrument et j’ai choisi la guitare.  Réellement la guitare je l’ai apprise toute seule, En même temps, je prenais des cours sur internet via youtube. A force de m’avoir exercé, plus j’ai avancé. Je me souviens de passer des heures, voire des nuits entières pour m’améliorer. Pour vous dire l’importance du web de nos jours. Je ne regrette pas les heures perdues. Je me débrouille plutôt pas mal et cela m’a permis aussi d’accompagner comme guitariste un grand frère Admow Flow lors de ces soirées en live. Pour vous dire vrai, ma carriere musicale est partie sur un brin d’étincelle trop vite même !  Grâce aux réseaux sociaux que j’utilise beaucoup. Voilà un peu mon parcours et je continue d’avancer doucement.

Etudes ?

J'ai arrêté mes études trop tôt en classe de 4eme et pourtant j’étais vraiment douée. Je me rappelle lorsque j’ai arrêté notre Directeur d’école ne pouvait pas y croire. Chaque composition, j’étais parmi les cinq premiers ! Il a même convoqué mon père qui est un éducateur que beaucoup de gens connaissent ici au Sénégal.Il fut Directeur de Cabinet de Mamadou Ndoye, Ministre de l'éducation à l'époque du Président Diou. Juste pour vous révéler un aperçu de  l’impact qu’a pris l’arrêt de mes études. Heureusement mon père ne force jamais ces enfants concernant  leur choix. Il m’a juste demandé ce que je voulais faire et la réponse c’est la musique. D’ailleurs c’est lui qui ma acheté ma première guitare et j’ai eu sa bénédiction.

Actualités ?

Actuellement mon staff et moi,  nous sommes en plein promo de mon nouveau single officiel intitulé « Bamba » qui sera clipé. Mon souhait a toujours été de dédier mon premier single officiel à mon guide spirituel  Cheikh Ahmadou Bamba ( ndlr : fondateur du Mouridisme)

Le tournage est presque fini. De passage je remercie Tonton Laye Diagne qui a fait  l’arrangement et j’espère le single sera parmi les meilleurs de l’année ou même le meilleur parce que je me suis donné à fond.

Projets ?

Apres le single, je me consacre sur un album. Car j’ai déjà écrit au minimum 3 albums de côté. C’est mon souhait en tout cas et le reste on verra avec le temps. Ma carrière musicale avance doucement et  surement.

Photographie : Mandione Laye Kebe

 

 

 

Kemit : « J’imagine c’est une façon voilée de les pointer du doigt, de dénoncer ce qui va mal…. »

Connu à travers le collectif Vendredi Slam, Franck a élargi son champ d’activités en créant sa marque de vêtement « Yitou ». Slameur, entrepreneur, juriste…aucune discipline n’est compliquée pour ce Gabonais de naissance et Sénégalais d’adoption. Sa première production musicale sort ce 22 juillet. Le Peuple Senegalais est tout heureux d’avoir l’exclusivité. Entretien avec le guerrier Bantu, Kemit.

 

Slameur, entrepreneur, juriste...qui est Franck ?

Je suis un jeune africain qui vit entre ces 3 univers, le slam…parce que c’est ma passion, un moyen de me faire entendre et de défendre mes positions.

L’entreprenariat parce que je veux contribuer au développement de mon continent à travers la mode,  parce qu’il me tient à cœur que l’africain s’habille selon ses origines et valorise les créations locales.

Juriste parce que le droit me permet de régulariser toutes mes activités, en plus les lois me servent de repères pour mener à bien mes combats.

Le single "J'imagine" est sorti. Qu'est-ce qu'on doit imaginer ?

Que toutes ces choses qui nous tiennent à coeur, ces combats qu’on aimerait mener, cette société qu’on aimerait avoir, ces absents qui demeurent immortelles dans le panthéon de nos mémoires...J’imagine c’est une façon voilée de les pointer du doigt, de dénoncer ce qui va mal….de rêver à quelque chose de meilleur, de ressuscité les êtres qui ont marqués nos vies …en imaginant.

 

Que peut-on attendre de ton premier disque ?

 

Quand j’ai décidé d’enregistrer ce disque, mon idée était de proposer une couleur différente au slam.

Une musique avec plus de relief, de lier tout cela à mes origines, mes influences, celles qui ont bercé mon enfance, et les causes qui me tiennent à cœur.

 

 Une petite explication en profondeur de chaque Morceau ?

Il y a 5 titres dans le disque. A part j’imagine, dans « les damnés de la mer »…je parle d’un sujet qui fait l’actualité. L’immigration clandestine est un sujet qui me tient à cœur, je m’interroge sur les causes, les conséquences et sur l’indifférence de nos dirigeants...

Dans le morceau « life is » enregistré avec sister Daba….. J’ai eu envie de donner un message positif…parce que dans la vie, il n’y a pas que des calamités ; il y aussi de bonnes raisons de profiter de la vie.

C’est dans le même esprit que j’ai écrit le titre. « Les couleurs de l’espoir »avec la chanteuse FAKEBA au refrain, comme le titre le suggère je parle de l’espoir, parce qu’on désespère beaucoup trop vite, alors que ceux qui réussissent réellement ne l’ont pas fait du premier coup.

Et enfin dans « BILIME » qui signifie « les années » en Punu , ma langue natale ….parce que les années m’ont transformées.  Un texte dont les premiers vers ont été écris l’an dernier. Ce sont les premières personnes à l’avoir écouté qui m’ont poussées à écrire la suite… que je vous invite aussi à découvrir à la sortie du disque le 22 juillet.

 

Comment jongles-tu entre tes différentes activités ? La marque Yitou, le slam et ta formation de juriste ?

 

Je suis un guerrier Bantou. C’est mon surnom, et je pense que ça veut tout dire.

 

Pour ce disque, on s'attend forcement à des concerts?

Bien sûr ! j’imagine mes prochaines scènes à l’image de mon univers. Entre la poésie, l’émotion et le combat, J’aimerais transmettre à mon public mon énergie positive, en les faisant voyager entres différentes sonorités de mon disque.

 

Les lieux de vente et le prix de vente ?

 

Le disque sera disponible sur les plateformes de téléchargement en ligne. Et sur des points de vente qui seront précisés à la sortie. Le prix ? accessible à tous. Parole de guerrier !

 

Les projets à venir ?

 

Continuer à développer ma marque Yitou, toujours dans l’idée de promouvoir les créations made in africain ainsi que les codes vestimentaires de chez nous, et bien sur ma musique : les scènes, le partage avec le public, les grandes collaborations, le voyage…et si vous êtes sages, un album hommage sur lequel je travaille.

 

Pour plus d’infos sur l’artiste : www.kemit-officiel.com

 

Elzo Jamdong décortique « Freengdom »

Son visage, sa musique, ses paroles…tout dans l’homme nous renvoie à la liberté et au respect de l’humain. C’est en effet sous une musicalité diversifiée et des paroles sensées que Elzo nous a offert sur un plateau d’argent son album « Freengdom ». Dans cet entretien, Free nous décortique l’ensemble des titres de l’album. Entretien.

Le public sénégalais a bien consommé Free Dope, là vous êtes revenu avec FreengDom. Tout d’abord, pourrait-on avoir une brève présentation du projet et ce que ça représente pour vous ?

C’est mon passeport musical comme je l’ai dit dans une précédente interview. C’est-à-dire que ce n’est pas mon premier projet sur le marché mais c’est mon premier LP international donc il représente beaucoup pour moi. Pour la première fois j’ai pu faire tout ce que je voulais faire dans un même projet : kicker à fond, chanter, faire danser, développer des thèmes sociaux et spirituels et tout ce cocktail en wolof, anglais et en français.

 

Certainement vos fans ont chacun leur propre définition de chaque morceau, mais ça serait excellent d’avoir votre propre version en quelques phrases ?

 

 

1-Capitale de la Capitale (Prod by Mister Thier & E Tracc)

J’avais clos Freedope avec Teaupla Anthem, donc j’ai tenu à ouvrir Freengdom avec un nouvel hommage encore plus détaillé au Plateau. J’aurais pu l’appeler Teaupla Anthem part 2 mais j’ai jugé que c’était plus frais de ramener un nouveau concept. Faut noter que j’ai tenu à ce qu’on sample la voix de Daddy Bibson sur le morceau Goudi Town de Rapadio extrait de Ku Weet xam se bop parce que cet album est tout simplement l’opus de rap galsen que j’ai le plus écouté de ma vie !

2-Comme Mane (prod by E Tracc)

Là j’ai voulu dire que chaque artiste a sa particularité tout comme chaque être a son propre ADN et ses propres empreintes digitales. Donc au lieu de copier qui que ce soit il vaut mieux développer l’originalité. Coté prod j’aimerais re-remercier E Tracc parce que c’est le seul morceau que j’ai écrit sans aucun beat et avec seulement une piste acapella il a su parfaitement allier ce que j’avais en tête avec sa touche personnelle.

3-All My Life (Prod by Mister Thier)

Ici je parle de ma désillusion moi qui, plus jeune, voulais faire de la musique pour changer le monde et rétablir la paix et je me suis rendu compte que l’Homme est plus complexe que ce que j’imaginais.

4- Yow Le (Prod by Mister Thier)

Après Lonely et Kaay, là il s’agit (enfin) d’une histoire d’amour dans laquelle je ne suis pas malheureux. Le premier couplet explique les raisons qui me poussent à me marier et le deuxième décrit le jour du mariage traditionnel au retour de la mosquée après 17h.

5-Assiko Flow (Prod by Mister Thier)

Premier single dévoilé, mélange de assiko et de punchlines égotrip. Prod de Thier, couplet rappé, refrain chanté. C’est du pur moi, du pur Plateau.

6-Ghetto feat ADH (Prod by Mister Thier)

De tous mes différents voyages, j’ai remarqué que les immigrés vivaient (presque) exactement de la même manière. C’est pour cette raison que j’ai tenu à inviter ADH qui vient de Brooklyn pour qu’il confirme mes propos basés sur mon expérience à Marseille, Paris, Brescia, Bruxelles, Chicago etc.

7-Faith (Prod by Mister Thier)

Ce que j’ai voulu dire c’est que Dieu est l’Ami le plus proche de tout croyant.

8-Allou Ciment (Prod by E Tracc)

C’est inspiré de Country Jungle (Jungle de béton) de Bob Marley. Je l’ai “wolofisé” et ça a donné “Allou Ciment”. En gros je décris la loi du plus fort qui règne au Sénégal (et partout j’ai envie de dire) et qui fait que les plus riches deviennent plus riches et les pauvres et les détenus plus délaissés.

9-Khoudar (Prod by Mister Thier)

L’histoire de la rencontre du Prophète Moussa avec le saint Al Khadir (aussi appelé Khoudar selon l’ortographe) m’a beaucoup marqué du fait qu’elle enseigne que nul n’est parfait, même pas les prophètes. Ça rejoint aussi Judge Not dans lequel je disais que maintenant, l’habit fait le moine…malheureusement.

10-Lost Times (Prod by Mister Thier)

Dans la même logique que All My life je décris le temps perdu par un idéaliste, rêveur, utopiste comme moi qui passe son temps à écrire des textes pour partager des idées « positives » selon lui alors que la jeunesse à qui il veut s’adresser n’est pas prête pour la révolution.

11-Tout bas (Interlude) (Prod by Mister Thier)

En guise d’introduction d’Une si longue lettre dans lequel je décrie la jalousie que l’on incite lorsqu’on est sur la voie de la réussite, j’ai tenu à sampler la voix de Thomas Sankara qui insinuait que son plus grand ennemi n’était autre que son meilleur ami Blaise Compaoré.

12-USLL feat Dip (Prod by Mister Thier)

Dans cet exutoire inspiré du livre éponyme de MARIAMA BA on a voulu rapper à bout de souffle sans égotrip et parler des tares qui étouffent notre société.

13-Moment of Silence (Prod by Mister Thier)

Dans un monde parfait contrairement à All my life et Lost Times, je célèbre la fin des minutes de silence observées en raison des décès violents de jeunes provenant des ghettos. Comme l’expression wolof « torokhal seytaané » qui veut dire punir le diable, ici il s’agit d’un rétablissement de la paix et donc une punition de la violence.

14-Badimi (Body me) (Prod by E Tracc)

Je décris ma rencontre avec une créature tellement spéciale que je n’ai pas pu savoir si c’est une femme ou un ange… et jusqu’aujourd’hui je ne peux pas me fixer.

15-Khel Niaar (Prod by Mister Thier)

Puisque cet album représente le premier grand chapitre de mon parcours, je voulais le clore avec un bilan de mon évolution depuis mes débuts en mettant l’accent sur la détermination, le dévouement voire l’acharnement qui accompagnent la passion. (« Boul khel niaar » signifie « ne doute pas ».

16-Patriarche (Prod by Mister Thier)

 

C’était un des freestyles de promotion de l’album mais au final je l’ai intégré parce que la pochette de Freengdom me fait toujours penser au mot patriarche.

Plus d'infos sur l'artiste :

Facebook : @elzojamdongofficial

Instagram : @elzojamdong

Twitter : @ElzoJamdong 

Au lendemain du Referendum, Seckou Keita vous donne rendez au Royal Festival Hall à Londres

 

20 ans d’expérience dans la musique, Seckou Keita n’est plus à présenter. Aujourd’hui, samedi 25 juin, ce natif de Ziguinchor va se produire devant un public anglais. Au lendemain de ce déroutant referendum, l’artiste compte faire voyager les londoniens afin de les faire oublier leurs problèmes. Entretien avec un grand artiste sénégalais.

 

Pour ceux qui ne connaissent pas Seckou Keita, une brève présentation sera la bienvenue. Qui est Seckou



Seckou Keïta célèbre cette année 20 ans de carrière internationale. Né à Ziguinchor en Casamance, Seckou Keita est un descendant de la lignée royale des Keïta du Mali. Il grandit dans la famille de sa mère, les Cissokho et s’initie aux percussions, au chant et à la kora à l’âge de sept ans, principalement auprès de son oncle Solo Cissokho. Sa carrière internationale débute en 1996 par une participation au festival de Forde, en Norvège, aux côtés de musiciens cubains et scandinaves, puis se prolonge par une collaboration avec le violoniste indien L. Subrimanium, une rencontre qui donne lieu à une tournée en Inde l’année suivante. En 1999, Seckou s’installe à Londres, tourne dans le monde entier, joue à l’occasion de la Première du Roi Lion à Londres, fait les premières parties de Salif Keïta et de Youssou N’Dour à l’occasion de leurs tournées anglaises. En 2003, il produit et tourne avec les Jalikunda Cissokho. En 2005, il collabore avec Mamady Keita sur un album live. Sur la même période et pendant près de 8 ans, il tourne dans plus de 30 pays et sur plus de 800 dates sous le nom de Seckou Keita Quintet. En même temps, il mène de nombreux projets collaboratifs :  la direction artistique du projet  Bantamba Syndicate à l’occasion des concerts organisés pour les JO de Londres en juillet 2012, des collaborations avec Philippe Fournier, directeur de l'Orchestre Symphonique de Lyon et il soutient des projets environnementaux au Royaume-Uni et en Afrique de l’Est. En 2012, il sort un album avec la harpiste du pays de Galle Catrin Finch. Un nouveau challenge artistique qui lui vaut de nombreux prix et distinctions dans les milieu de la musique du Monde. Son album solo tant attendu, sort en 2015 et lui vaut également le prix du meilleur album du continent africain et Moyen-Orien dans le conteste organisé par Songlines, le plus grand magazine des musique du Monde en Angleterre. Depuis 2016, Il ne cesse de tourner et d'être appelé à participer à de nouveaux projets artistique, tout en préparant la sortie de son prochain album, 'Transparent Water' en Février 2017 avec le légendaire pianiste cubain Omar Sosa.  



Quelles sont vos relations avec l’orchestre syrien

 

 

Cette année,  Damon Albarn et Paul Weller m'ont approché pour collaborer sur ce nouveau projet d'Africa Express. Je n'étais pas très familier à la musique de l'Orchestre Syrien, mais je suis toujours ouvert aux nouveaux challenges quand la musique est au rendez-vous. C'est une manière de continuer de me prouver, et de prouver au monde entier qu'il existe un langage universel de paix et de bonheur qui est véhiculé au mieux à travers la Musique. Tous les musiciens de ce projets se découvrent et nous prenons grand plaisir à nous connecter pour créer une énergie envoutante. 



Que reservez-vous au public londonien  aujourd’hui, samedi 25 juin



La musique est un bain d'émotion et c'est exactement ce qu'ensemble, Seckou et tous les musiciens réservent au public ce soir, 25 juin. Ils ont le privilège de se produire sur l'une des plus belles scènes de Londres, au Royal Festival Hall. Il est clair qu'ils espèrent faire voyager ce public. La situation en Angleterre est délicate, particulièrement après ce referendeum qui a tellement divisé les esprits. Leur souhait est également de panser les plaies et de redonner de l'énergie au public pour qu'il puisse se donner les moyens d'affronter ce nouveau challenge avec sérénité et courage. 


Peut-on espérer des concerts au Sénégal

 

Malheureusement pas pour l'instant. Seckou retourne régulièrement dans son pays adoré au moins 4 à 5 fois par an. Il espère vivement pouvoir se produire là bas pour faire partager une musique qui a tellement voyagé. Pourquoi pas dans le cadre de son prochain album 'Transparent water'  avec le pianiste  Cubain  Omar Sosa.  Inchallah

 

 

Pour suivre le concert de l'Orchestre Syrien avec Damon Albarn et ses invités sera diffusé en live streaming depuis le Royal Festival Hall à Londres ce samedi 25 juin à 18h30. Tout cela avec le seul et unique Seckou Keita. Allez vers ce lien :   

https://www.youtube.com/watch?v=aH_FP67cLP0&app=desktop

 

Par ailleurs, vous pouvez suivre le concert intégral en allant vers ce lien : 

 

https://www.youtube.com/watch?v=aH_FP67cLP0&feature=youtu.be

 

 

 

DABA : « Je pense que le merveilleux, tout comme le bonheur est avant tout une disposition, un regard qu’on pose sur la vie et les choses »

DABA, c’est une boule d’énergie ambulante qui distille de la "Good Vibe" sur les petites scènes dakaroises et se produise sur les grandes scènes européennes. Son dernier opus est un délice musical . Humilité en bandoulière, la jeune dame s’est prêtée à notre jeu. Entretien.

DABA, artiste musicienne reggae. Pourquoi avoir choisi le reggae alors qu’il y a tant d’autres styles de musiques ?

Je pense que le terme « musicienne reggae » est un peu réducteur. Ceux qui me suivent et me connaissent artistiquement savent que je ne fais pas que  du reggae même si c’est une de mes principales influences. Après oui j’aime particulièrement cette musique qui a une « Vibe », une intensité qui me parle. Mais je suis aussi très attirée et touchée par le jazz, le hip-hop ou les musiques africaines d’hier et d’aujourd’hui...

Que pouvez nous dire sur votre personne, votre cursus scolaire ?

C’est un peu large comme question…je commence par quoi ?. Bon, je suis sénégalaise, j’ai 27 ans, je suis chanteuse-guitariste, j’écris et compose depuis plus de 10 ans. Mon premier morceau est sorti en 2010 et depuis j’ai 1 album et 9 productions qui sont sortis en vinyle à l’international sur des labels indépendants sous le nom de Daba Makourejah aujourd’hui je m’appelle DABA, tout court. Sinon plus personnellement, je suis née ici, j’ai fait une grande partie de mon enfance hors du Sénégal même si j’y ai passé une bonne partie de mon adolescence. Sinon niveau scolaire, je suis titulaire d’un Master 2 en administration de projets culturels et d’une licence en langues étrangères appliquées. Lorsque je ne chante pas, j’écris des articles et donne des cours d’anglais dans un lycée de la place.

Durant votre carrière d’artiste, quelle a été la chose la plus merveilleuse qui vous soit arrivée ?

Ouf, tu sais je pense que le merveilleux, tout comme le bonheur est avant tout une disposition, un regard qu’on pose sur la vie et les choses. Je m’émerveille facilement donc le seul fait de monter sur scène, de pouvoir toucher les gens, de partager des émotions à des personnes que tu ne connais pas  est une chose merveilleuse. Sinon pour être plus pragmatique, tous les voyages que j’ai fait, les accueils chaleureux partout où je suis allée et les retours, les cadeaux, signes d’amour venant de parfaits inconnus et messages positifs que je reçois pour ma musique sont de merveilleuses bénédictions.

Au cours de l’année 2014 et 2015, vous aviez participé à beaucoup de shows, spectacles…Pouvez-vous revenir sur ces évènements ?

Alors je trouve ça pompeux de dire, j’ai fait ci, j’ai fait ça… Tu ne veux pas regarder mon dossier de presse ? Bon, je rigole !! Vu que je me prête au jeu de l’interview, je me lance.  J’ai fait pas mal de scènes ces dernières années: le Saint-Louis Jazz festival en 2014, le Black Music festival à Girona en mars 2015, pendant l’été 2015 j’ai eu l’occasion de participer aux festivals Reggae les plus importants d’Europe : le Reggaebus en Belgique, le Rototom Sunsplash en Espagne, le Dub Camp en France...

Votre EP « Nawet » est sorti le 4 juin passé, que nous réserve DABA dans ce projet ?

C’est un projet assez intimiste et différent de ce que j’ai fait avant. J’ai eu envie d’enregistrer des compositions que je traine dans ma guitare depuis plus ou moins longtemps. Voilà j’avais besoin de mettre en avant d’autres facettes de ma personnalité artistique. Du coup on y retrouve 4 titres. Il y a une base de jazz, des accents folk et nu-soul, des beat hip-hop…bref c’est une musique de fusion à l’image de ce que je suis et, je l’espère, un voyage musical plein de couleurs et d’émotions.

Quelles sont les dates à retenir pour l’année 2016 pour ceux qui aiment votre musique ?

Bon pour l’instant avec le Ramadan, il y aura moins de dates ce mois-ci à Dakar j’annoncerai les quelques dates à venir sur ma page artiste DABA. Restez connectés si ça vous intéresse, j’espère vous voir nombreux. Après je vais sortir du Sénégal pour 1 petit mois et quelques dates, notamment au Rise and Shine festival en Autriche et d’autres çà et là.

Qu’en est-il de votre carrière de journaliste ?

Cette question me fait sourire. Tu sais je n’ai jamais envisagé une « carrière » de journaliste. C’est vrai que j’aime écrire sur la culture. J’aime lire et je suis curieuse, ce qui, à ce qu’il parait, fait de moi une assez bonne rédactrice. J’ai eu des portes qui se sont ouvertes dans ce domaine. Je m’éclate à écrire et à partager. Je le fais ponctuellement à la demande mais je n’envisage pas de « carrière » dans ce domaine. Il n’est pas aisé d’être juge et parti. Le journalisme culturel est juste une corde de plus à mon arc. Je suis avant tout une artiste, c’est à ça que j’ai envie de consacrer la plus grande partie de mon énergie et de mon temps.

 

 

Photographie : Laia Buira

Gibson : « Je suis le premier noir à avoir gagné des grammy en tant meilleur producteur »

Producteur sénégalais, résident aux Etats Unis, Djibril Kagni n’est plus à présenter dans le domaine de la production audio-visuelle. Organisateur du dernier concert de Wizkid à Dakar, l’homme a accepté de répondre à nos interrogations depuis le pays de l’Oncle Sam.

Le 29 mars dernier, vous étiez à Dakar pour le concert de Wizkid, que vous avez-vous-même organisé en collaboration avec Empire Events. Quels ont été les résultats par rapport aux attentes ? Des chiffres ?

Les résultats du concert du 29 mars sont excellents. Car la chose la plus importante pour moi, ce n’était pas les chiffres de vente, mais la réussite de l’organisation. Le succès de la logistique et le fait que l’artiste s’est senti dans notre pays jusqu'à prolonger son séjour. Ça fait 15 ans que je travail avec des grands artistes. Et la meilleure manière d’obtenir des résultats positifs, c’est surtout ne jamais se focaliser sur l’argent mais la réussite de l’événement. On a traversé beaucoup d obstacles pour faire ce concert sans aide de gros sponsors. Mais avec ces résultats, espérons que la prochaine fois on aura tout le support de grosses structures. 

 

Un prix a été décerné à l’endroit d’Akon. Quelles en sont les raisons et quelles sont vos relations avec Akon ?

 

AKON à part le travail, nous avons toujours été des frères. Sa carrière et sa réussite sont remarquables. Il est temps  que le Senegal et l Afrique reconnaissent son influence sur toute la jeunesse africaine. Son message se résume en ces termes : « Tout est possible !». S'il a réussi à percé aux USA et dans le monde, toute personne venant d’Afrique est capable de retracer le même chemin.  

 

Le public sénégalais peut s’attendre à quel artiste à la suite de la réception de Wizkid ?

 

 

Le public sénégalais peut s’attendre à tout artiste tant que nous avons les fonds nécessaires.

Dans votre carrière de producteur, quel est votre plus grand succès à vos yeux ?

 

Mon plus grand succès, c’est d’avoir travaillé avec toutes les grosses pointures américaines. P Diddy, Snoop Flo-rida, Rihanna, Ti… Mais surtout d’avoir pris sous mes ailes un artiste de rien à devenir une mega star. Je parle du russe Timati à qui j’ai produits tous ces albums. Je suis le premier noir à avoir gagné de grammy en tant meilleur producteur.  

 

Pour plus d’infos, allez sur

https://en.wikipedia.org/wiki/Djibril_Gibson_Kagni

Yaguemar : « C’est très dur pour les immigrés Sénégalais »

Sénégalais résidant à Barcelone, Yaguemar vit pleinement son art dans la péninsule ibérique. Malgré des conditions de vie très difficiles, Yaguemar continue de produire ses chansons. Entretien.

 

Qui est Yaguemar ?

Je suis un jeune artiste, rappeur, compositeur et musicien. Je viens de Saint-Louis, au Sénégal et actuellement je réside en Espagne, à Barcelone.

Vous avez sorti un single, il n y a pas longtemps appelé « Yoonu Mc ». Qu’est ce que ce son représente pour vous ?

Ça représente beaucoup pour moi. Il y a un proverbe qui dit : “Qui vivra verra “ et en tant que Mc, j’ai vécu ce que c’est vouloir être un Mc, un rappeur, représenter la voix des sans voix. Je dirai que ce n'est pas facile. L’essentiel c’est de ressentir la passion pour la musique. C'est naturel, il n’y a pas à se forcer. C’est ce qui m’a poussé à écrire ‘’Yoonu Mc”. C’est un long chemin, à la fin il ne s’agit plus uniquement d’un simple «passe-temps », mais plus du fondement d’un style de vie basé autour d’une démarche musicale qui prend une bonne partie de ta vie, et détermine grandement tes choix au quotidien. Il faut souligner le sixième élément du Hip Hop ‘’ Knowledge ‘’ qui signifie le savoir et le savoir ne prend guère de place ça aide beaucoup si vraiment on veut devenir un Mc.

Actuellement, vous vivez en Espagne. Depuis quand êtes vous dans ce pays ? Et comment se porte le rap et la culture urbaine africaine à Barcelone ?

Oui actuellement je réside à Barcelone en Espagne. Je suis ici depuis 2006. Le rap africain ne se connaît pas beaucoup là où je suis, il y a peu de concerts de rap africain à Barcelone. On peut dire qu'il y a beaucoup de travail à faire pour faire connaître le rap africain en Espagne. Mais il y a quand même pas mal d’artistes africains dans les rues, malgré les difficultés que nous rencontrons pour développer la culture africaine à Barcelone.

Quelle est la situation des immigrés sénégalais en Espagne ?

Vraiment ça n'est pas facile du tout. Ça devient même de plus en plus difficile. Pour trouver du travail il faut avoir beaucoup de chance. Et sans papier, qu’est ce que tu peux faire ? Et pour manger, qu’est ce que tu vas faire ? T’es obligé de faire la vente ambulante ou fuir vers les campagnes, les villages pour améliorer ta situation. Et si tu n’as pas de maison où dormir, qu’est ce que tu vas faire ? Tu vas finir par vivre dans des squats car tu ne peux pas payer un loyer. C’est très dur pour les immigrés sénégalais.

Il y a quelques mois, vous étiez venus au Sénégal avec votre collectif d’artistes et amis espagnols. Quelles ont été les activités ici ? Et que préparez-vous pour la suite ?

 

On est venu participer au Festival Rapandar qui s’est tenu à Saint-Louis. Nous avons visités les coins de Dakar, nous sommes aussi allés à Gorée. Nous avons fait des Graffiti avec des artistes Sénégalais à Dakar. Ensuite à Saint-Louis, nous avons organisé une rencontre avec les artistes, Mcs, Djs de la place et les groupes qui étaient venu pour le Rapandar. Nous avons eu deux nuits de Live avec le public saint-louisien.


Quels sont vos projets au Sénégal ?

J’espère y retourner bientôt pour la promotion de mon prochain album, sur lequel on est en train de travailler. J’ai des collaborations à faire avec beaucoup d’artistes et des rappeurs sénégalais. A long terme, je suis en train de travailler pour organiser des festivals internationaux au Sénégal pour le développement de la culture sénégalaise.

Sahad : « Présentement, nous sommes sous le choc ! »

Ils sont les dignes représentants de Fela Kuti, d’Ali Farka Touré. Sahad and the nataalpacthwork est un jeune groupe de musique aux origines multiples. Pour leur première sortie, ils remportent le TANIT D’OR des journées musicales de Carthage. Au lendemain de ce sacre, le lead vocal du groupe nous partage ses impressions.

 

Votre première sortie hors du pays pour un événement musical et première récompense continentale. Qu'est ce que cela vous fait personnellement ?

 

Personnellement, cela nous fait plaisir et nous sommes fiers de notre travail. Cela nous motive ! Seul le travail paie et en vérité la rigueur le travail, la discipline ressort toujours un jour. Pour une première sortie du pays, nous décrochons le TANIT D´OR des journées musicales de Carthage qui étaient une rude compétition avec un jury professionnel et des musiciens talentueux d´autres pays. Nous sommes juste heureux et contents d´avoir gagné ce TANIT en or.

 

Quelle a été l'ambiance du groupe et la réponse du public tunisien par rapport au concert ?

 

L´ambiance était bonne. Un peu de pression avant le concert mais au moment venu, nous avons donné le meilleur de nous-mêmes et nous  étions surpris de la réaction du public et des médias tunisiens qui ont apprécié notre musique.

Le concert a été une découverte pour le public tunisien qui était très chaleureux. La salle était en feu.

 

 

Quelles sont les perspectives à présent, suite à ce sacre ?

 

Présentement, nous sommes sous le choc ! On se rend compte que nous avons décroché le Tanit D´Or, que maintenant plusieurs opportunités et portes sur l´international s'ouvrent a nous. Nous organisons une soirée pour le lancement d´un cowfunding le 23 avril au Cunimb pour notre album et en même temps pour célébrer le prix des JMC.

 

Nous sommes en préparation de l´album international et national, il y´a d´autres sorties en vue pour exposer le projet musical à l'international et national. Il y a d’autres sorties en vue d’exposer le projet musical à l’international. Nous nous faisons appel au Ministère de la culture pour mieux accompagner les artistes sénégalais à aller au bout des projets artistiques. La culture est un vecteur de développement et faut y miser fort.

Disscrimination : « Ce projet c’est le récit d’une jeunesse débrouillarde »

Je l’ai surnommé affectueusement « Constantino », du fait de sa persévérance et de sa constance. Diss est connu aujourd’hui en tant que beatmaker. Mais le jeune homme est passé par presque toutes les branches du Hip Hop avant de se focaliser sur la production. En prélude de l’avant première de son cd intitulé « Diss-Connexion » au little buddha, nous nous sommes entretenus.  

Disscrimination, Beatmaker, producteur, activiste… Qui est Diss ?

Je suis ingénieur de son, compositeur et membre fondateur du label 2 Be Musik (2bëdaxé Musik). Je suis diplômé en Réseaux et Télécommunications, et parallèlement grand passionné de cultures urbaines. J’ai embrassé 3 des 5 branches du Hip-Hop, que sont le graffiti de 1998 à 2003, le break dancing de 2003 à 2005, le Mcing ou rap de 2003 à 2007. J’ai commencé en 1998, comme graffeur dans le groupe Bataillons Blin-D (groupe de Malal Talla alias Fou Malade). Mes débuts dans le graffiti ont débuté avec l’influence de la confection du cover de l’album Frères ennemis de Xuman et Bibson fait par Abass Seck. Après j’ai essayé le break-dance mais je me suis vite rendu compte que je n’étais pas fait pour la Danse. J’ai ensuite rappé avec Afro, Malakal Rap, Gaby et Anjodi. A cinq, on formait le 2Bedaxé Crew. Nous avons joué à plusieurs concerts. Nous avons même participé à un festival à Yenn pour sensibiliser les populations sur la protection de la mer avec les Mizérables Graff (Deep, Big Key et Gadaay), en 2009. J'avais d’ailleurs sorti un single intitulé "Débat du Jour" qui passé sur les stations radios. A l’époque, l’idée de monter sur scène me stressait énormément. C’est à ce moment que j’ai pris conscience qu’on n’est pas tous obligé de rapper pour faire avancer le Rap, je me suis dès lors lancé dans l’aventure de l’ingénierie du son, de la composition et de la production. Les choses avancent mieux quand chacun évolue dans son domaine de compétence.

 

Existe-t-il une différence entre Diss et Sidy Talla ?

Oui, c’est deux personnages complètement différents.

Le 18 mars prochain, vous allez mettre sur le marché votre album appelé « Diss-connexion ». Que pouvez nous à propos de ce projet ?

Ce projet c’est le récit d’une jeunesse débrouillarde.  

Diss-connexion est un condensé de compositions instrumentales, première expérience du genre au Sénégal. Un opus d'une quinzaine de titres aux thématiques diversifiées à travers lesquelles, au fur et à mesure que se déplace le curseur, transparait, comme un fil conducteur, mon leitmotiv, "Raam Sogga Dox" (ramper puis marcher), c’est une sorte de retraçage de l'itinéraire de la vie d'un jeune « bricoleur ».

Cet album raconte dans chaque morceau à y voir de plus près mon rapport intime avec ma passion, des débuts difficiles à la reconnaissance de mon travail.

 

Quelles ont été les étapes de ce projet ? D’où vous est venue l’idée ?

Diss-connexion c’est mon évolution en tant qu’être humain et compositeur. L’idée est venue à partir d’une séance de composition avec Ophis et le grand Ibaaku (staz), on avait l’habitude de se rencontrer à mon studio pour faire des compositions à 3…

Au début, je voulais juste sortir mes instrus afin de les partager avec les mélomanes, après une rencontre avec la grande sœur et partenaire Selly Wane qui m’a convaincu d’en faire un produit commercialisé.

 

Dans votre carrière de beatmaker, quels ont été les projets dans lesquels vous avez participé et qui vous ont marqué à jamais ?

LRODA (les racines ont des ailes) de Moulaye, c’est un projet qui m’a vraiment marqué de par l’expérience et l’exigence de l’artiste et son manager Ken Aicha Sy, il y a aussi « Formule 1 » un projet de Rex-T d’Alien Zik que j’ai produit qui a enregistré la collaboration de plusieurs grosses pointures du rap Sénégalais, jeune et vieille écoles confondues, parmi lesquels : Skillaz, Diabolo (Alien Zik), PPS, Djily Bagdad (5KIEM), N-Jah (Tigrim Bi), Simon, Beydi (Bidew bu bess), Ndongo D (Daara-j family), sans oublier « Taxé Style » de PPS 

 

Après Diss-connexion, c’est quoi la suite ?

Apres Diss-connexion, je continuerai à produire mais surtout je mettrai en avant les autres beatmakers du label tels que Datoxik, OG et Killa Kid afin qu’ils puissent eux aussi exposer leur talent au public, car je pense à mon humble avis que je suis le plus nul des beatmaker du label (rires).

 

Elom 20ce : « Il faut s’organiser et arrêter de se lamenter. »

Novembre 2015, le rappeur et activiste panafricain, Elom 20ce pose ses baluchons à Dakar. A mon retour d’Abidjan, je lui propose de passer me voir à Sicap Karack. Dans cette deuxième partie de notre longue entrevue, l’artiste nous sculpte minutieusement les titres de son dernier album « Indigo ».

 

Parlons à présent de l’album. Essayez de nous définir chaque titre en quelques mots ? On va commencer avec « Lamentations »

Ma grand-mère ouvre l’album avec l’intro de « Lamentations ». Une chanson que les femmes togolaises avaient créée et chantée  pendant qu’elles ralliaient à pieds Lomé - Aného  afin de participer à un meeting pro-indépendance. En fait, Lomé - Aného, c’est environ 45 kilomètres. Il y avait un train qui reliait les deux villes. Mais le jour du meeting, le Gouverneur français de l’époque, Yves Digo, avait demandé à ce que le train ne fonctionne pas dans le but de boycotter la manifestation.  Les dames sont donc allées à pieds à Aného chantant : « Digo a dit que le train n’ira pas, mais nous y sommes allées ». Ma grand-mère faisait partie de ces dames là.

Cette introduction de ma grand-mère pour dire que le combat que nous menons, a commencé bien avant nous. Pourtant, aujourd’hui on est là à se lamenter encore. « Lamentations » finit par la définition de l’Artiste selon Nina Simone. Dans un monde où les gens se jettent dans la mer pour fuir la misère, où les bombes pètent dans la gueule des innocents, où les terroristes rentrent dans des hôtels pour tuer des innocents, dans un monde pollué… « L’artiste a le devoir de refléter son époque ».

« Les cercueils sont individuels »

C’est un morceau très introspectif. Ici, l’artiste parle de ses propres souffrances. Des choses qui nous poussent à prendre conscience de ce qui ne va pas. J’ai perdu deux êtres qui me sont chers ces deux dernières années, mon père et le mari de ma sœur. J’étais très proche d’eux et j’ai compris que les cercueils étaient individuels. On ne partage pas un cercueil. Tu pourras partager ma peine, mais tu ne pourras pas la ressentir dans l’os comme moi. « Lèche ma plaie si tu peux, à toi le goût à moi la douleur… »

Le Blues des Pharaons

Je pense que nous sommes des pharaons. On aura beau dire que l’Afrique est malade, malgré les guerres, les problèmes, il y a quelque chose de mystique, quelque chose de fort chez nous. On a certes le « Blues » mais cela doit nous motiver à réveiller le bâtisseur de pyramides qui sommeille en nous. Il faut qu’on soit actif. Et ce morceau je le termine par un petit discours de Stokely Carmichael des Black Panthers, qui a pris plus tard le nom de  Kwamé Turé(en hommage à Kwamé Nkrumah et Sékou Touré). Discours dans lequel il interpelle les Africains sur la question de la protection de leurs leaders en ces termes : “Do you think that any other race of people will let them off somebody, and the rest of them sit down? Where, in God's name, would you find a race of people like that? We have lost, in the last five years, some of our best leaders: Lumumba, Malcolm X...they offed brotherKwame Nkrumah, and we do nothing!”

« Je ne pleure pas, ce sont les oignons »

Ce morceau a été enregistré avec Oxmo Puccino et Pépé Oléka. Je raconte l’histoire d’une femme devenue folle à cause des coups durs qu’elle a reçus dans la vie. En gros, si nous souffrons ce n’est pas parce que nous le voulons, mais il y a des situations dans lesquelles, l’Homme s’effondre…

« Fourmis » 

Le titre « Fourmi », en référence à une prière que je récite tous les jours« Mon Dieu, donne moi l’humilité d’une fourmi, donne moi la force de travail des fourmis, la solidarité des fourmis ». Le titre que je voulais donner au départ, c’était Ubuntu. Ce mot signifie en Zulu et en Swahili «humanité ». Ou en d’autres termes, « je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous ». Je pense que les fourmis nous donnent cet exemple tous les jours. Quand tu les vois sur les murs, elles sont ordonnées, se saluent, sont disciplinées. Ensemble, elles peuvent transporter un gros cafard ou un grain de riz.

Les Etats Africains doivent se comporter en fourmis, s’unir et travailler ensemble. Aujourd’hui,  dans le concert des nations, l’Afrique ne compte pas vraiment. Les rapports de forces sont inégaux. Si demain, la France déclarait une guerre à l’Afrique toute entière, je ne vois pas lequel des pays africains qui ferait le poids. Si les Etats-Unis disent : « nous vous déclarons la guerre aujourd’hui. Finie la diplomatie, on veut le pétrole du Nigeria, on veut le Diamant de la Sierra-Leone. On ne veut pas discuter avec vous. On vous attaque ! ». Que ferons ces pays ? Rien !

A moins qu’on ne s’inspire des fourmis, et de s’unir, il n’y a pas d’issues pour nous. Les Viets l’ont montré contre les Américains et contre les Français par le passé. Quand on travaille soudé, uni, avec de l’organisation on peut faire beaucoup de choses. On peut déplacer des montagnes, on peut construire des pyramides. Donc « fourmis », c’est une ode à l’humilité, une ode à la solidarité, une ode à la discipline, une ode au travail.

« Castration mentale » 

J’ai l’impression que ceux qui nous dirigent sont mentalement castrés. J’ai l’impression qu’on leur a enlevé leur cerveau. C’est très dur ce que je suis en train de dire, mais c’est ce que je pense quand je vois par exemple nos leaders approuver les Accords de Partenariats Economiques (APE), qui veulent que les produits européens entrent sur le marché africain exemptés de  douanes et taxes, alors qu’on sait que nos économies sont alimentées en partie par ces fonds. A ce jour, la plupart des pays africains de l’Afrique de l’ouest et de l’Afrique centrale ont signé et attendent des ratifications. Je me demande si ceux qui nous dirigent réfléchissent vraiment. Est-ce qu’ils ne sont pas mentalement castrés ? « Mentalement castrés, nos leaders n’ont rien de Castro. Du glaçon, de la graisse à la place du cerveau, j’ai des crampes aux miens à force de penser à mon peuple…». T’as des crampes au cerveau à force de réfléchir. Quand je vois l’affaire Karim Wade, je ne veux pas trop me prononcer là dessus. Mais comment fait-on pour en arriver là ? On a des écoles à construire, on n’a pas d’eau, pas d’électricité…Comment est-ce possible que des gens puissent voler autant d’argents ? Je ne parle pas forcément de Karim Wade. Mais dans d’autres pays, on a vu comment des présidents passent de pères en fils comme si nos républiques ne sont en fait que des monarchies ! Donc castration mentale, c’est pour dénoncer tout cela. Et aussi pour dire comme dirait Thomas Sankara qu’ « un militaire sans formation politique  et idéologique, est un criminel  en puissance ». Malheureusement, on a donné des armes et des munitions à des gens qui ne sont pas politiquement et idéologiquement formés. Récemment encore au Mali quand il y a eu l’attaque terroriste il a fallu encore que les coopérants d’autres pays interviennent. Je ne dis pas non à la coopération, mais on nous parle de formation depuis des années. Et quand un problème arrive, on en appelle à l’aide des formateurs. On se demande encore à quoi servent ces formations au final.

Clip : https://youtu.be/3zDHOIGGT38

« Sossignalé »

C’est en Ewé. Ca veut dire d’une manière littérale : « la vérité appartient au futur ». C’est pour dire ne perdez jamais espoir dans tout ce que vous faites. Il y a toujours espoir. La nuit tombe, le soleil se lève toujours.

« Vodoo Sakpata »

C’est un morceau de mise en garde, pour moi-même et puis pour tout le monde. Vodoo Sakpata, c’est le dieu de la terre dans la tradition Ewé. Il parait que c’est un dieu qui est très craint et très méchant. C’est une manière de dire à nos dirigeants, regardez tout ce que vous nous faites subir. Si vous continuez à faire ce que vous faites, le boomerang sera difficilement supportable.

L’autre jour, je regardais un dessin animé sur la Syrie où une dame expliquait en fait que le conflit syrien était d’origine écologique. Parce qu’à la base, les premières contestations étaient nées d’une sécheresse, qui selon elle est liée aux changements climatiques. Donc, ce changement climatique a crée la sécheresse, ce qui a pousser les gens à se révolter. Puis est arrivée à la guerre civile qui continue jusqu’à présent.

C’est pourquoi je dis que la terre a ses propres lois. Nous marchons sur quelque chose de vivant. On met un grain dans le ventre de la terre et ça nous donne un arbre. On puise l’eau dans la terre. Quand on meurt, c’est cette terre qui abrite nos corps. Nous ne sommes pas que des êtres physiques, mais aussi mystiques. Il faut qu’on sache que tout ce que nous faisons de mal, nous allons le récolter en mal. Pour conclure, il y a un proverbe Yoruba qui définit bien ce titre : Tout ce que tu avales tu devras le ressortir un jour.

Clip:https://youtu.be/A3g_ECtpM8E

« Comme un poisson dans l’eau » 

« C’est comme un poison dans l’eau ». Je sais que l’expression dit comme un poisson, mais moi j’ai remplacé poisson par poison, car nous ne sommes pas confortables dans les rôles qu’on nous taillés.

« Dans cette guerre déclarée aux Kémites, le pouvoir est au bout de nos armes. Cette bataille qu’on nous livre sans merci. La victoire dépendra de nos actes. Préviens le tyran, ma bravoure n’a pas pris de rides… ».

Je considère les rappeurs engagés comme des poisons dans l’eau. Souvent, on nous prend pour des clowns. Mais on est comme un poison dans l’eau pour ceux qui nous méprisent, pour ceux qui ne comprennent pas notre art.

Quand il y a du poison dans l’eau, tu ne peux pas savoir. Les gens ne réalisent pas forcément la puissance de l’art, mais notre travail impacte. Aujourd’hui, sur le continent, les rappeurs engagés sont en train de faire un travail colossal. On les méprise parce qu’ils n’ont pas fait de grandes universités, comme la Sorbonne, Princeton, Oxford ou Harvard.  Ils ne sont pas des intellectuels comme on aime l’entendre. Mais pour moi, ce sont des intellectuels organiques, comme dirait feu Professeur Joseph Ki-Zerbo. Ce sont des gens qui sont en contact avec le peuple, qui connaissent les réalités du peuple. Ils font des erreurs comme tout homme mais ils ont le mérite d’être en phase avec la réalité.

Moi sincèrement, j’ai beaucoup appris à travers le rap. Et j’ai fait ce morceau avec des rappeurs qui m’ont beaucoup inspiré. Il s’agit du groupe « La Rumeur », l’un des groupes le plus engagé politiquement en France. Un groupe qui a eu un procès avec Sarkozy. Un procès qui a duré 4, voire 5 ans. Et au final, ils ont gagné. Parce qu’ils ont parlé des bavures policières dans un de leur magazine. Pour moi faire ce morceau avec « La Rumeur », c’est une consécration. Dans l’affaire Zyed et Bouna, les policiers mis en cause ont été relaxés. La même impunité existe aussi en Afrique. On tue des gens impunément. Voilà, je pense qu’en tant qu’artistes, nous devons jouer ce rôle de « poison dans l’eau », pour ceux qui pensent pouvoir nous boire facilement...

« Aveugle, Bavard et Sourd »

Oui, je pense que parfois certains africains se comportent comme des aveugles qui  bavardent tout en étant sourds. Imagine quelqu’un qui ne voit pas, qui n’entend pas mais qui passe son temps à bavarder. J’ai l’impression que nous ne lisons pas l’Histoire. Du coup, nous commettons  les mêmes erreurs encore et encore. On devrait moins parler, plus écouter, ouvrir les yeux. Quand je dis ouvrir les yeux,  c’est lire l’Histoire. Se projeter ! Qu’est ce qu’on veut faire dans dix ans ? Comment se voit-on dans cent ans ? Est-ce que nos politiques s’asseyent pour réfléchir à long terme? On ne fait pas ce travail là. Alors que dans d’autres pays, des gens s’asseyent pour définir l’avenir de leurs pays respectifs. Ils planifient tout !

« Ces salopards veulent mourir au pouvoir, entourés de prostitués comme Sani Abacha ». J’ai eu l’opportunité d’avoir collaboré avec deux rappeurs exceptionnels sur ce morceau. Amewu, un Allemand d’origine ghanéenne, qui a un flow terrible. Et Blitz the Ambassador qu’on ne présente plus. Le morceau a été produit pas Engone Endong, un autre Gabonais qui vit à Montréal. Engone, tout comme Alexis Hountondji qui a fait la plupart des instrumentaux sur l’album, arrive à lier à la fois la culture traditionnelle avec le Hip Hop sans que ca ne tombe dans le folklore.

« Théorie du chaos »

Ma théorie, c’est que le chaos précède la construction. Pour planter une graine, il faut sarcler d’abord. Malheureusement, l’homme n’apprend que souvent par la souffrance. Tout ce qui nous arrive actuellement, si nous prenons le temps de réfléchir à des stratégies, on pourrait en sortir vainqueur.  Parce que tout ce que nous traversons comme les coupures d’électricité, le racisme, les dictatures, le chômage, sont des choses qui doivent plutôt nous pousser à prendre conscience que le monde va mal et qu’on doit s’engager d’une manière ou d’une autre. Chacun à son niveau doit faire ce qu’il peut pour que l’humanité aille mieux. Je ne pense pas que les Hommes sont venus sur terre pour s’entretuer.  Non ! Il  y a d’autres choses à faire. Mais malheureusement, le chaos précède la construction !

Clip : https://youtu.be/y7s-If_lUrQ

« Africa is the present » 

L’Afrique c’est le présent, l’Afrique c’est le passé, l’Afrique c’est le futur. Mais cela commence par le présent. Aujourd’hui, je ne veux pas venir à Dakar et dire que je vais revenir pour faire un clip. Non, c’est maintenant qu’il faut faire les choses. On a trop procrastiné. On en vient à procrastiner notre bonheur. L’Afrique, c’est le présent ! Les diamants, les ressources minières et intellectuelles, le soleil… l’Afrique c’est le présent ! On n’a pas besoin d’aller en occident pour faire une vie. Everything is here !

« Evangile selon les indigènes »

Il faut comprendre « Indigène » ici dans le sens du barbare, du non civilisé à qui l’Europe a apporté l’évangile. « Indigène » dans le sens du regard qu’on a porté et qu’on continuer de porter sur l’Africain. « Indigène » dans le sens du citoyen de seconde zone. Ceux qui subissent le code de l’indigénat sous sa forme moderne… Dans ce morceau, j’ai parlé de deux indigènes. Je parle de mon père et de ma mère.  Le premier couplet fait référence à mère, au rapport que j’ai avec elle et des valeurs qu’elle m’a inculquées. Le deuxième couplet, est une lettre que j’ai écrite à mon père qui n’est plu. Lui, qui s’était exilé du Togo pour des raisons politiques. Tout cela pour dire qu’il existe des gens lambda, des anonymes qui n’ont pas la stature de Mandela ou Sankara, mais qui ont beaucoup soufferts et nous ont inspirés. Il s’agit de cousins, qui ont pris des balles lors d’une manifestation par exempe ; d’une amie, morte en accouchant parce qu’on n’a pas les infrastructures qu’il faut dans nos hôpitaux. Tous ces gens représentent les indigènes à qui je dédie l’album. A la fin du morceau c’est ma mère encore qu’on entend me donnant des conseils. Elle m’a dit : « Premièrement, prends soin de ton travail, deuxièmement prends soin de ta femme et de tes enfants et troisièmement respecte toi. »

« Dead Man Walking »

Ce morceau rend hommage aux combattants de la liberté, assassinés parce qu’elles/ils ont rêvé d’un monde, d’une Afrique meilleure. C’est un message d’encouragement à toutes celles et ceux qui aujourd’hui choisissent de continuer de se battre contre toutes les formes d’injustices avec tous les risques que cela entrainent. Une chose est sure, « celui qui coupe le bois dans la forêt ne peut le faire en silence. »

Clip: https://youtu.be/jiOeCkH8Txo

« Don’t agonize, organize »

C’est le dernier track sur l’album. Un entretien que j’ai fait à Paris avec l’historien Amzat Boukari - Yabara. Il a écrit un livre très intéressant sur le panafricanisme paru en 2014: Africa Unite, une histoire du panafricanisme. On a passé plus d’une heure au studio à discuter de l’Afrique. En format CD, on n’en a gardé que vingt trois minutes des échanges.

On ne peut plus continuer à se lamenter (en référence au premier titre : « lamentations »). Il faut s’organiser. Arrêter d’agoniser, organisez-vous ! Organisons-nous les frères, organisons-nous les sœurs. Je sais qu’à Dakar, il y a plein de panafricanistes. Mais qu’est ce qu’on fait ensemble ? Est-ce qu’on veut juste recopier les mêmes erreurs de nos dirigeants  ou ensemble former un réseau de gens forts ? Sankara, à 33 ans, était président. Moi à 33 ans, je fais quoi ? Des gens ont pris leur destinée en très tôt. Fidel Castro pareil ! Ils se sont dit que l’injustice ne pouvait plus continuer. Il est tout à fait vrai qu’ils ont faits des erreurs comme tout le monde d’ailleurs. Mais au moins, ils ont compris une chose : le présent ! Il faut secouer les gens, les réveiller. Il faut que chaque frange joue sa partition. Il revient aujourd’hui aux artistes et aux intellectuels de changer la donne.

Pour sortir de l’indigence, je pense que les artistes et les intellectuels doivent unir leur force et s’indigner. Don’t agonize, organize !

NB : Suite et fin de l’entretien avec le rappeur Togolais Elom 20ce.

Pour plus d'infos sur l'artiste :

https://www.facebook.com/ElomKossi/

https://www.instagram.com/elom20ce/

https://twitter.com/Elom20ce

www.elom20ce.com

 

PS : Pour écouter l'album : https://asraforecords.bandcamp.com/album/indigo

Ibaaku : « Soyez curieux de toutes les musiques et n’ayez pas peur d’être diffèrent »

 

Ibaaku est un artiste discret, qui préfère laisser parler son art au lieu de sa personne. Récemment, il balancé sur les différentes plateformes digitales son album « Alien Cartoon ». Entretien.

Vous avez sorti un il y a quelques jours un projet intitulé « Alien Cartoon ». Pouvez-vous nous en parler ?

Alien Cartoon est la bande son du défilé performance de Selly Raby Kane qui a eu lieu il y a deux ans à la gare ferrovière de Dakar. C’est un peu une continuation du projet, au moment où je me suis dit que se serait intéressant de partir d’un projet de mode et performance pour aboutir à un album.

La vision de Selly pour le projet était de se représenter une ville africaine envahit par les extra terrestres. Que serait devenue la musique ou la mode dans ce contexte ? C’est partit de là.

Il a été constaté qu’avec la fashion designer Srk, vous collaboriez beaucoup sur des projets. Quelles sont vos relations avec Selly Raby Kane ?

Selly Raby Kane est ma sœur d’art !! Je crois que j’ai découvert son travail sur internet et j’ai immédiatement accroché à la fraicheur de sa démarche. On s’est rencontré grâce à notre collectif les petites pierres. Et depuis nous travaillons ensemble autant sur ces projets que les miens. Il y a une vraie alchimie entre nous.

Quel est votre parcours professionnel, estudiantin et artistique ?

J’ai grandi dans une famille d’artistes. Mes parents ont un rôle méga important dans mon éducation artistique. Mais comme tous les parents ils ont souhaité que je finisse mes études. Depuis gamin je voulais devenir cinéaste, donc après mon bac j’ai fait une formation en réalisation et montage au ForutMedia centre de Dakar, puis j’ai fait deux ans de communication à l’ISSIC. Et puis je me suis fait happer par la musique. En 2001 Avec d’autres amis étudiants nous avons fondé la LZ3 un collectif qui regroupait 8 nationalités et 15 artistes . De la j’ai rencontré Shango et Ceptik avec qui j’ai crée le groupe STILL, avec lequel nous avons sorti un album intitulé « Muzik Noire » en 2009. Ensemble nous avons ouverts un studio et c’est par ce studio que j’ai rencontré Cori avec qui j’ai fondé la bande I-Science. Nous avons sortis un album éponyme en 2013.Et depuis l’aventure continue.

Etant un artiste qui aime faire des expérimentations, quelle est votre analyse sur le beatmaking africain ?

Il ya énormément de choses intéressantes qui se font ici au Sénégal, je pense à de talentueux beatmaker comme Diksa de Alien Zik, qui d’ailleurs fait partie de la team qui a travaillé avec moi sur Alien Cartoon, Lou Evora de S’killaz, Diss fondateur du label 2Bedaxe, ou encore Jaymdel Sims , Xoumaker, et plein d’autres. Au Gabon , en Afrique du sud , dans la diaspora. Je pense que le beatmaking est le BIG Thing en ce moment et ca va aller de mieux en mieux.

Si vous aviez un message à lancer aux jeunes beatmaker, il portera sur quoi ?

Explorez, expérimentez, ayez toujours soif d’apprendre. Soyez curieux de toutes les musiques et n’ayez pas peur d’être diffèrent.

 

 

 

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