DABA : « Je pense que le merveilleux, tout comme le bonheur est avant tout une disposition, un regard qu’on pose sur la vie et les choses »

DABA, c’est une boule d’énergie ambulante qui distille de la "Good Vibe" sur les petites scènes dakaroises et se produise sur les grandes scènes européennes. Son dernier opus est un délice musical . Humilité en bandoulière, la jeune dame s’est prêtée à notre jeu. Entretien.

DABA, artiste musicienne reggae. Pourquoi avoir choisi le reggae alors qu’il y a tant d’autres styles de musiques ?

Je pense que le terme « musicienne reggae » est un peu réducteur. Ceux qui me suivent et me connaissent artistiquement savent que je ne fais pas que  du reggae même si c’est une de mes principales influences. Après oui j’aime particulièrement cette musique qui a une « Vibe », une intensité qui me parle. Mais je suis aussi très attirée et touchée par le jazz, le hip-hop ou les musiques africaines d’hier et d’aujourd’hui...

Que pouvez nous dire sur votre personne, votre cursus scolaire ?

C’est un peu large comme question…je commence par quoi ?. Bon, je suis sénégalaise, j’ai 27 ans, je suis chanteuse-guitariste, j’écris et compose depuis plus de 10 ans. Mon premier morceau est sorti en 2010 et depuis j’ai 1 album et 9 productions qui sont sortis en vinyle à l’international sur des labels indépendants sous le nom de Daba Makourejah aujourd’hui je m’appelle DABA, tout court. Sinon plus personnellement, je suis née ici, j’ai fait une grande partie de mon enfance hors du Sénégal même si j’y ai passé une bonne partie de mon adolescence. Sinon niveau scolaire, je suis titulaire d’un Master 2 en administration de projets culturels et d’une licence en langues étrangères appliquées. Lorsque je ne chante pas, j’écris des articles et donne des cours d’anglais dans un lycée de la place.

Durant votre carrière d’artiste, quelle a été la chose la plus merveilleuse qui vous soit arrivée ?

Ouf, tu sais je pense que le merveilleux, tout comme le bonheur est avant tout une disposition, un regard qu’on pose sur la vie et les choses. Je m’émerveille facilement donc le seul fait de monter sur scène, de pouvoir toucher les gens, de partager des émotions à des personnes que tu ne connais pas  est une chose merveilleuse. Sinon pour être plus pragmatique, tous les voyages que j’ai fait, les accueils chaleureux partout où je suis allée et les retours, les cadeaux, signes d’amour venant de parfaits inconnus et messages positifs que je reçois pour ma musique sont de merveilleuses bénédictions.

Au cours de l’année 2014 et 2015, vous aviez participé à beaucoup de shows, spectacles…Pouvez-vous revenir sur ces évènements ?

Alors je trouve ça pompeux de dire, j’ai fait ci, j’ai fait ça… Tu ne veux pas regarder mon dossier de presse ? Bon, je rigole !! Vu que je me prête au jeu de l’interview, je me lance.  J’ai fait pas mal de scènes ces dernières années: le Saint-Louis Jazz festival en 2014, le Black Music festival à Girona en mars 2015, pendant l’été 2015 j’ai eu l’occasion de participer aux festivals Reggae les plus importants d’Europe : le Reggaebus en Belgique, le Rototom Sunsplash en Espagne, le Dub Camp en France...

Votre EP « Nawet » est sorti le 4 juin passé, que nous réserve DABA dans ce projet ?

C’est un projet assez intimiste et différent de ce que j’ai fait avant. J’ai eu envie d’enregistrer des compositions que je traine dans ma guitare depuis plus ou moins longtemps. Voilà j’avais besoin de mettre en avant d’autres facettes de ma personnalité artistique. Du coup on y retrouve 4 titres. Il y a une base de jazz, des accents folk et nu-soul, des beat hip-hop…bref c’est une musique de fusion à l’image de ce que je suis et, je l’espère, un voyage musical plein de couleurs et d’émotions.

Quelles sont les dates à retenir pour l’année 2016 pour ceux qui aiment votre musique ?

Bon pour l’instant avec le Ramadan, il y aura moins de dates ce mois-ci à Dakar j’annoncerai les quelques dates à venir sur ma page artiste DABA. Restez connectés si ça vous intéresse, j’espère vous voir nombreux. Après je vais sortir du Sénégal pour 1 petit mois et quelques dates, notamment au Rise and Shine festival en Autriche et d’autres çà et là.

Qu’en est-il de votre carrière de journaliste ?

Cette question me fait sourire. Tu sais je n’ai jamais envisagé une « carrière » de journaliste. C’est vrai que j’aime écrire sur la culture. J’aime lire et je suis curieuse, ce qui, à ce qu’il parait, fait de moi une assez bonne rédactrice. J’ai eu des portes qui se sont ouvertes dans ce domaine. Je m’éclate à écrire et à partager. Je le fais ponctuellement à la demande mais je n’envisage pas de « carrière » dans ce domaine. Il n’est pas aisé d’être juge et parti. Le journalisme culturel est juste une corde de plus à mon arc. Je suis avant tout une artiste, c’est à ça que j’ai envie de consacrer la plus grande partie de mon énergie et de mon temps.

 

 

Photographie : Laia Buira

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